Un petit pas pour les hommes, un grand pas pour l’urbanisme du Banlay. Le siège social de Nièvre Habitat a déménagé de quelques mètres, rue Émile-Zola à Nevers, pour installer les 82 salariés de ses services généraux dans l’ancien Institut de formation en soins infirmiers (IFSI). Un immense bâtiment devenu une morne friche urbaine après sa fermeture, réhabilité, magnifié par deux années de travaux. Le nouveau siège a emballé les visiteurs, lors de son inauguration, par son esthétique qui s’insère dans le renouvellement urbain du Banlay, le plus grand quartier HLM de Nevers et de la Nièvre.
Côté pile, la photo noir et blanc d’une façade en partie mangée par la végétation et murée pour éloigner les indélicats. Côté face, en couleurs, la même façade impeccablement restaurée et ornée d’une avancée vêtue d’un noir élégant. Distribué aux visiteurs lors de l’inauguration du nouveau siège social de Nièvre Habitat, l’album photos qui raconte la « métamorphose d’une friche » retrace l’avant, le pendant et l’après d’un chantier long de deux ans, qui a redonné vie à l’ancien Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), rue Émile-Zola, à Nevers, dans le quartier du Banlay remodelé par un vaste programme de renouvellement urbain.
Connu des habitants sous le nom plus parlant, à défaut d’être mixte, d’école d’infirmières, le bâtiment a lentement dépéri, durant ses années de vacance, à quelques mètres du siège de l’office HLM départemental : « À l’origine, ce lieu est sous nos yeux au quotidien, ces bâtiments vides que nous voyons tous les jours depuis le siège social implanté au 1, rue Émile-Zola ont fini par se banaliser, se dégrader. Ils ont été squattés, endommagés et maltraités », rappelle Cécile Rémillier, directrice générale de Nièvre Habitat.
L’amphithéâtre Jacques-Legrain
De ce crève-cœur esthétique naît une idée, presque une lubie, un rêve, en 2021 : « Et puis un jour, en pleine crise sanitaire, l’idée nous vient de visiter « pour voir ». Et là l’idée de faire revivre ce lieu commence à faire son chemin… E si c’était possible… Les arguments s’amoncellent et finissent par devenir une évidence. Tout devient cohérent dans ce projet de métamorphose de cette friche et tout s’enchaîne : les études, l’acquisition du site, la recherche des financements, les projections économiques et techniques… »
Racheté au Centre hospitalier de l’agglomération de Nevers, l’IFSI est retenu parmi les candidats au Fonds friches lancé par l’État dans le cadre du Plan France relance post-Covid. Au sein du cabinet d’architectes Arkedif, Éricq Valvin puis Émilie Berginiat orchestrent la résurrection, en lien avec les équipes de Nièvre Habitat. Curé, désamianté, le site construit à la fin des années 60 est doté de nerfs, de chair, de peau, au cours de deux ans d’une nouvelle gestation ; l’âme de l’ancien président (de 2001 à 2021), Jacques Legrain, est désormais associée à l’amphithéâtre (1). L’opération a fait naître, dans le même temps, la Résidence des écrivains et ses 18 logements au sein de l’ancien internat de l’école.
Installés dans leurs nouveaux locaux début 2026, les 82 salariés des services généraux de Nièvre Habitat n’auront pas la tristesse de voir leur ancien bâtiment subir les outrages du temps et des hommes. Le siège, de 1973 à 2026, sera rasé d’ici quelques mois et transformé en parking végétalisé.
1. La plaque en sa mémoire a été dévoilée en présence de son épouse.














