Gestionnaire de plusieurs foyers et services à travers la Nièvre, la Fédération des œuvres laïques de la Nièvre (FOL 58) héberge ou accompagne environ 250 personnes en situation de handicap. Une vocation historique et humaniste que le Conseil départemental finance via un prix de journée pour l’accueil de résidents nivernais. Fabien Bazin, président du Département, et Michèle Zwang-Graillot, présidente de la FOL 58, ont signé le Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) qui fixe notamment la dotation annuelle versée par la collectivité jusqu’en 2030. Celle-ci, réévaluée chaque année, passe de 6,3 M€ à près de 6,8 M€ à la fin du contrat.
Depuis 1968 et l’ouverture de l’Institut médico-éducatif de Lormes, la Fédération des œuvres laïques de la Nièvre (FOL 58) creuse son sillon dans le champ de l’accompagnement des personnes en situation de handicap. De Decize à Moulins-Engilbert, de Nevers à Lormes, l’activité de l’association s’est développée, en près de soixante ans, et concerne désormais 250 personnes hébergées, accueillies ou suivies (voir encadré).
Le principal foyer de vie, la résidence Chaume Champierre à Saint-Pierre-le-Moûtier, a été le théâtre du renouvellement du Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) qui lie le Conseil départemental et la FOL 58 pour la période 2025-2030. Un vaste ensemble de bâtiments lumineux et aérés construit en 2018 et 20219 en remplacement du foyer du château des Genévrières, à Chantenay-Saint-Imbert, frappé de vétusté, qui illustre le soin apporté par la FOL aux conditions de vie des 54 résidents et des 40 professionnels.
« Un acte particulièrement important dans la vie d’une association »
« Enfin, nous y sommes », sourit Michèle Zwang-Graillot, présidente de l’association. « La signature d’un CPOM est un acte particulièrement important dans la vie d’une association. Il s’agit d’accorder les moyens financiers qui favorisent une vision pluriannuelle des financements, et donc une meilleure capacité d’anticipation, et une sécurisation relative des moyens, une gestion stratégique des ressources humaines et des investissements. »
Patiemment élaboré par les agents de la direction de l’Autonomie du Conseil départemental avec les équipes des pôles Hébergement et Accompagnement social global de la FOL, le CPOM donne une autre ampleur à la relation entre financeur et financé : « Grâce à ce temps de négociation, nous pouvons expliquer les réalités du terrain, faire reconnaître les besoins des personnes accueillies, partager les contraintes, négocier des priorités réalistes et surtout construire un rapport de confiance avec l’autorité de tarification. »
« Merci beaucoup à la FOL de continuer le combat »
La confiance est au cœur de la relation entre le Département et la FOL, comme l’a souligné Fabien Bazin (1) : « Je vous remercie pour votre engagement. En cette époque où tout le monde est épuisé, il est de plus en plus compliqué de prendre soin les uns des autres. » Et de regretter que l’État ne donne pas au Département les moyens de soutenir comme il le voudrait les acteurs de l’autonomie : « Notre dotation passe de 6,35 millions d’euros en 2025 à 6,77 millions en 2029. Quand l’État fait des économies, cela ruisselle sur les collectivités locales ; nous l’avons vu avec la non-compensation de la loi Ségur. La question de l’autonomie, du handicap, est confiée financièrement au Conseil départemental, et ce sont les associations qui la mettent en œuvre comme elles le peuvent, et les moyens financiers ne sont pas à la hauteur des besoins. Et, malheureusement, je ne suis pas sûr que le sujet du handicap soit tellement discuté en 2027 lors de l’élection présidentielle. Merci beaucoup à la FOL de continuer le combat et de partager ces valeurs qui nous sont chères, dans un domaine qui touche ce qu’il y a de plus profond dans les êtres humains que nous sommes. »
Dans ce contexte de finances contraintes et de métiers en tension, la dynamique citoyenne impulsée depuis plusieurs années par le Conseil départemental peut apporter des solutions, comme l’a suggéré Fabien Bazin : « Je crois beaucoup à l’investissement de nos concitoyens, qui s’inscrit dans toute la tradition de l’éducation populaire. Nous devons tous refaire pack. De même qu’il y a des formations aux gestes qui sauvent, il faudrait une formation aux « mots qui peuvent sauver ». À nous de voir comment nous pourrions former massivement les citoyens dans ce domaine. »
1. Étaient également présents Pierre Billard, maire de Saint-Pierre-le-Moûtier, Maryse Augendre, conseillère départementale déléguée au handicap, et Marie-France de Ribérolles, conseillère départementale du canton.















