Réunis en session plénière les 13 et 14 avril, les conseillers départementaux ont patiemment décortiqué et voté le budget de la collectivité dans le contexte « anxiogène » d’un monde instable et d’un horizon politique et économique assombri par la guerre au Moyen Orient. Avec 365 millions d’euros, dont plus de la moitié dédiés à la solidarité, à la justice sociale et à la santé, le budget 2026 maintient le cap, malgré la tempête, pour améliorer le quotidien des Nivernaises et des Nivernais.
Quatre ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, un autre conflit ouvert depuis quelques semaines en Iran et au Liban a plongé dans son ombre portée la session plénière du Conseil départemental dédiée au budget, les 13 et 14 avril, salle François-Mitterrand à Nevers. « Vous le savez, nous examinons (ce budget) dans un contexte qui reste difficile et qui s’est encore durci », a rappelé en préambule Fabien Bazin, président du Conseil départemental, après avoir rendu hommage aux disparus de l’année et évoqué les récentes élections municipales. « Les tensions internationales se sont accentuées. La situation économique demeure fragile. La hausse des prix de l’énergie rappelle combien ces déséquilibres peuvent avoir des conséquences très concrètes, pour nos collectivités bien sûr, mais d’abord pour les ménages les plus modestes et les professionnels les plus exposés. »
Dans un monde incertain, dans une société sous tension, comme l’a montré la nervosité pesant sur les élections municipales, le Conseil départemental doit jouer plus que jamais son rôle de stabilisateur, et même de havre serein. « Dans un moment marqué à la fois par l’instabilité internationale et par les incertitudes politiques, notre responsabilité est de tenir bon au service des Nivernais et de continuer à agir avec sérieux, avec constance et avec proximité », a insisté Fabien Bazin. « Écouter, protéger, innover, agir : c’est, au fond, le fil de ce budget, comme c’est le sens de notre action depuis le début de ce mandat. »
Deux jours durant, les élus ont analysé, chapitre après chapitre, un budget qui s’élève à 365 millions d’euros, dont 313 pour le fonctionnement, 32 en investissement et 20 en remboursement de la dette. Une « somme » dans laquelle l’action sociale – l’alpha et l’oméga du Département – occupe une place prépondérante, avec 210 millions qui englobent tous les âges de la vie, de la politique enfance et famille (53 millions) à l’Allocation personnalisée d’autonomie (3 500 personnes âgées en bénéficient), en passant par le Revenu de solidarité active (39,3 millions).
La dotation au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), en hausse régulière et constante depuis le début du mandat, ou les moyens déployés pour l’accès aux soins (28 professionnels salariés au Centre de santé départemental et 51 bourses en cours pour les étudiants en médecine, chirurgie dentaire, pharmacie etc.) illustrent l’engagement de « prendre soin de tous et à tout âge ».
Collèges, routes et ponts, agriculture, sport et culture, transition climatique, etc. : la palette des compétences et des postes budgétaires a été passée en revue lors d’une session marquée par l’aboutissement de quatre projets d’ampleur, portés ou financés par le Département : la Cité de l’enfance, à Nevers, qui accueillera dans quelques semaines les jeunes confiés à l’Aide sociale à l’enfance et les professionnels dans un environnement optimal, la Cité des Présents-François Mitterrand, métamorphose et symbiose réussie des musées du Septennat et de la Mode à Château-Chinon (ouverture le 10 mai prochain), et l’aboutissement de deux chantiers épiques, le déploiement de la fibre (98 % de la population peut désormais accéder à internet à très haut débit) et la mise à deux fois deux voies de la RN7 dans toute sa traversée de la Nièvre.
Ils ont dit :
Fabien Bazin, président du Conseil départemental : « Nous le savons, et nous le constatons chaque année un peu plus : l’équation budgétaire des Départements se complexifie d’année en année. Le budget 2026 a été préparé avant que la situation internationale ne se dégrade encore. Si le conflit perdure au Moyen-Orient, ses équilibres pourraient être mis à mal. Pour autant, la prudence qui a présidé à sa construction est un gage de sa capacité de résistance.
Depuis le début du mandat, nous avons choisi de tenir une ligne claire : une gestion sérieuse, prudente et responsable. Non par goût de la prudence pour elle-même, mais parce qu’il n’y a pas d’action publique durable sans bases solides. Il ne sert à rien d’annoncer beaucoup si l’on n’est plus capable, ensuite, de tenir dans le temps.
La bonne gestion n’est pas une fin en soi. Elle est une condition pour continuer à agir. Ces dernières années, nous avons dû faire des efforts importants (12 millions d’effort l’année passée). Nous l’avons fait sans renoncer à l’essentiel, et sans perdre de vue ce qui fonde la mission du Département : la solidarité, la proximité, l’investissement utile, l’accompagnement des territoires. »
Blandine Delaporte, première vice-présidente, présidente du groupe Vivie la Nièvre écologique et solidaire (majorité départementale) : « Aujourd’hui, le budget présenté témoigne de la capacité d’anticipation de la collectivité depuis le début du mandat. Chaque direction, associée à chaque vice-président.e, a présenté une feuille de route 2026 sérieuse et responsable. Les choix budgétaires que nous faisons ne sont pas seulement des chiffres dans des colonnes ; ils se traduisent concrètement dans la vie quotidienne des habitants.
C’est cette concrétisation de chaque jour qui nous oblige, d’une part à l’ambition et non au « recroquevillement budgétaire », et d’autre part à la responsabilité et à la durabilité – oui, je sais, pour certains, c’est un gros mot ! Mais il ne s’agit, en fin de compte, que de satisfaire les besoins d’aujourd’hui sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. »
Daniel Barbier, vice-président en charge des finances et des achats : « La construction budgétaire, tout en tenant compte de la conjoncture peu favorable, est fondée sur des bases crédibles et sérieuses en recettes et prudentes en dépenses, de façon à prévoir durablement les conditions de nos équilibres.
Le budget que nous vous présentons est un budget responsable, résolument tourné vers l’action en faveur des Nivernais(es) et l’investissement pour notre territoire. N’oublions pas que nous injectons chaque année près de 1 million d’euros par jour dans l’économie de la Nièvre.
Par sa dimension de proximité, son ancienneté ou encore son identification simple pour nos citoyens, croyons sincèrement, chers collègues, à l’efficacité du Département et embrassons allègrement cette confiance qui nous est témoignée.»




















