En installant sa nouvelle médiathèque à côté du groupe scolaire et du collège Jean-Rostand, la municipalité de La Machine renforce le lien vital entre éducation et culture, deux voies royales vers l’émancipation et la liberté de pensée. Une volonté affirmée lors d’une inauguration primesautière, littéraire et musicale, en présence de Fabien Bazin, président du Conseil départemental, qui a souligné l’importance de l’accès à la lecture et à la culture dans un monde aux repères de plus en plus mouvants et incertains.
Les notes de basse de la jeune Maeva Polier accompagnent le chant des hirondelles ralliant les nids accrochés à la façade de l’école, et ponctuent la prestation de la compagnie « éphémère » MaChaPa Machine (1), trois voix pour un bouquet de citations à la gloire de la lecture. « Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire », invitait Michel Foucault. Se distraire, s’évader, s’informer, se former, les multiples pouvoirs du livre ont été mis à l’honneur lors de l’inauguration de la nouvelle médiathèque de La Machine, mardi 30 juin.
Installée dans l’ancien local de répétition de l’orchestre d’harmonie, au plus près du groupe scolaire et du collège Jean-Rostand, l’ex-bibliothèque forme désormais un ensemble cohérent au service de l’accès à la culture, avec le musée numérique Micro-Folie aménagé depuis 2025 dans une salle du collège. « L’école est le berceau de la liberté de pensée, de la démocratie », a rappelé Daniel Barbier, maire et vice-président du Conseil départemental. « Elle doit pouvoir s’appuyer sur des espaces de confiance. La bibliothèque était à plus d’un kilomètre des établissements scolaires. Désormais, les élèves vont pouvoir emprunter l’allée des géants de la littérature. »
Dans une ville de plus de 3 300 habitants où « les clignotants sociaux sont à l’orange », l’éducation et la culture font bloc depuis des années, comme l’a souligné Daniel Barbier : « L’émancipation est une priorité pour notre ville. Le plus beau voyage, c’est celui de l’épanouissement. » Depuis les Temps d’activité périscolaire (TAP) de 2013 au Territoire éducatif rural (TER), en passant par l’École du socle, La Machine a saisi au rebond les initiatives éducatives qui ouvrent en grand les yeux, les oreilles et l’esprit de la jeunesse.
Fabien Bazin : « L’accès à la lecture est essentiel pour notre liberté, pour décoder un monde de plus en plus fou »
Avec le soutien fidèle du Conseil départemental, notamment pour les années collège qui relèvent de sa compétence : « La médiathèque, la Micro-Folie, le Territoire éducatif rural sont un outillage mis au service de tous. L’accès à la lecture est essentiel pour notre liberté, pour décoder un monde de plus en plus fou », a relevé Fabien Bazin, président du Conseil départemental (2). « Quand il est venu La Machine, le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye (3) a été sidéré par ce qu’une petite commune peut apporter à ses habitants. La Nièvre est le premier département de France par le nombre des Territoires éducatifs ruraux. Et nos collégiens ont de meilleurs résultats que ceux des villes. » Et de citer en exemple l’astronaute Sophie Adenot, née et élevée dans la Nièvre.
Aux côtés de la préfète Fabienne Decottignies, la préfète de Région Violaine Démaret a salué à son tour, et en conclusion, le rôle de la culture, et de la lecture, dans l’ouverture des esprits. En rendant un hommage appuyé aux bénévoles et aux associations qui animent les médiathèques : « On n’arrive pas à faire avancer le pays sans eux. » Face au rouleau compresseur des réseaux sociaux, les livres forment digue, une résistance, par la multiplicité des points de vue, des expériences, des sentiments, qui permettent de penser contre soi, pour mieux muscler sa pensée : « La démocratie, c’est se confronter au désaccord, à différentes pensées. C’est comme cela que l’on devient citoyen. »















