La médecine généraliste retrouve des couleurs à Decize, avec quatre professionnels installés en centre-ville, à quelques mètres de la mairie. Parmi eux, trois anciens boursiers du Conseil départemental, Marina Fermely, Lilit Hovhannisyan et Anthony Nicard, étaient au centre de toutes les attentions, fin mars, lors d’une visite de Fabien Bazin, président du Conseil départemental, aux côtés de Justine Guyot, maire de Decize et vice-présidente du Département en charge de l’autonomie et de la cohésion sociale, et de Frédéric Roy, conseiller départemental du canton.
Bilan santé dans la Nièvre
Par-delà la remise d’un cadre souvenir de cet accompagnement, la visite avait surtout pour objet de faire le bilan (de santé) de dix ans d’actions menées hors du champ de compétence de la collectivité, mais au service des Nivernais. « Des milliers d’entre eux ont pu retrouver un médecin traitant », souligne Fabien Bazin, citant également la mise en place du centre de santé départemental et l’implantation de Médecins solidaires, ces dernières années : « C’est un socle sur lequel nous pouvons nous appuyer pour régler le problème de l’accès aux soins. »
Des bourses du Département à l’installation
Decizois d’origine, Anthony Nicard a toujours voulu s’installer dans « sa » ville ; la bourse du Département, ajoutée à l’aide d’État du Contrat d’engagement de service public, lui a donné une « autonomie » précieuse durant ses longues études : « Cela pèse moins sur la famille. » Avec 2 100 patients, soit deux fois la moyenne nationale, le jeune généraliste a fait le maximum pour absorber les effets de la désertification médicale dans le Sud-Nivernais, depuis son installation en février 2021 : « En 2018, il y avait six médecins généralistes à Decize. Cinq sont partis en 2019. » Les journées qui commencent à 6 heures et s’achèvent à 21 heures sont légion, mais Anthony Nicard s’en accommode sans peine : « Je suis attaché à la ville, j’aime la nature, le département. »
Originaire de Saint-Léger-des-Vignes, Marina Fermely a définitivement rejoint le cabinet decizois en mars : « Je suis née ici, j’ai grandi ici, et je ne suis pas une fanatique des grandes villes. Je savais que j’allais venir m’installer ici. » À 29 ans, elle a trouvé son équilibre dans une activité mixte, entre Decize (trois jours par semaine) et un poste à la protection maternelle et infantile à Nevers : « Cela me permet de rester mobile par rapport à mon conjoint, car ce n’est pas facile de trouver des offres d’emploi dans son domaine très qualifié. » Avec 800 personnes, sa patientèle est déjà remplie : « On sent beaucoup de stress, car beaucoup d’entre eux n’avaient plus de médecin traitant. Le fait que je me sois installée les rassure. »
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