Pendant 30 minutes, le public a remonté le temps à travers des images que l’on croyait parfois perdues. Présenté le 29 mai aux Archives départementales de la Nièvre, le film Mémoire filmique du Morvan, réalisé par Fanny Corcelle, a dévoilé une sélection d’archives familiales collectées dans le cadre d’un partenariat entre les quatre services d’archives départementales couvrant le territoire du Morvan. Commentée et mise en récit, cette projection a permis de redécouvrir la vie quotidienne, les traditions, les paysages et les grands moments de la vie morvandelle à travers le regard de cinéastes amateurs. Un patrimoine intime devenu mémoire collective grâce au travail colossal de collecte, de numérisation et de valorisation mené par l’association Ofnibus que Martine Gaudin, conseillère départementale en charge de l’attractivité n’a pas manqué de saluer.
De la récolte à la numérisation
Présentée en présence de Martine Gaudin, conseillère départementale déléguée à l’attractivité, cette projection résume à elle seule 59 heures de mémoire filmée collectées sur le territoire. Une collecte menée au cœur du territoire À la suite d’une résidence organisée dans le Morvan en septembre 2025, Pierre et Ange Bouchot, de l’association Ofnibus, véritable structure d’archives itinérantes, ont sillonné le territoire à la recherche de films privés conservés dans les familles.
Des supports variés aux regards « caméras »
Grâce au travail de montage réalisé par Fanny Corcelle, de Brassy, ces archives ont été réunies dans un film de 30 minutes offrant un aperçu de la richesse de la mémoire vivante et folklorique du Morvan. 119 documents numérisés et 59 heures d’images sauvées Le travail de collecte a permis de numériser 119 documents représentant près de 59 heures d’images privées. Bobines 8 mm, Super 8, 9,5 mm, 1, cassettes VHS ont été explorés afin de préserver des témoignages souvent uniques. Ces films racontent la vie quotidienne du territoire : scènes familiales, travaux agricoles, fêtes locales, moments de folklore, événements heureux, promenades sur le lac des Settons, découvertes du saut de Gouloux ou encore images de la Maison du Parc à ses débuts. Documentaires amateurs, récits familiaux ou parfois presque fictionnels, ces images témoignent d’une époque révolue avec un regard caméra typique de leur temps. Bien qu’issues de sphères privées, elles permettent aujourd’hui de rattacher des événements familiaux à la grande histoire collective et illustrent toute l’universalité de la mémoire filmique.
Une collecte soutenue par les Archives départementale de la Nièvre
Cette opération a bénéficié de l’impulsion des archives départementales des quatre départements concernés par le territoire du Morvan. Une partie des documents numérisés sera d’ailleurs reversée aux Archives départementales de la Nièvre afin d’en assurer la conservation et la consultation future. Financée par des acteurs publics, l’action menée par Ofnibus repose sur une conviction simple : la numérisation des films privés n’a de sens que si elle contribue à construire une mémoire collective accessible à tous.
Un travail de longue haleine
La collecte ne constitue pourtant qu’une première étape. Derrière chaque bobine ou cassette se cache un important travail d’identification, de documentation et de vérification des autorisations de diffusion liées au droit à l’image. De nombreux documents restent encore à inventorier. Comprendre leur origine, identifier les personnes filmées et reconstituer leur contexte historique demande un travail patient et minutieux. Un travail minutieux souligné par Martine Gaudin, conseillère départementale de la Nièvre, qui salue une « opération précieuse qui représente tout un pan de notre histoire et de notre patrimoine, un trait d’union avec notre jeunesse qui pourra puiser dans notre mémoire filmique ».
Numériser ne signifie pas conserver
Si la numérisation constitue une étape essentielle pour sauver ces archives fragiles, elle ne garantit pas leur conservation définitive. Un fichier numérique n’est pas un support pérenne et nécessite des stratégies de sauvegarde adaptées. Les supports originaux méritent eux aussi une attention particulière. Leur duplication et leur conservation dans des formats adaptés restent indispensables pour protéger durablement ce patrimoine audiovisuel exceptionnel.
À travers cette collecte, c’est tout un pan de l’histoire populaire du Morvan qui ressurgit. Des films destinés à rester dans le cercle familial deviennent ainsi des témoins précieux de la mémoire collective d’un territoire et de ses habitants.


















