Le Concours national veaux a ouvert la saison des grands concours de la race charolais, sur le site du Marault (propriété du Conseil départemental), à Magny-Cours. La sécheresse a modérément impacté l’événement, qui a attiré 90 éleveurs venus de 21 départements pour présenter 270 animaux – le gratin de la génétique charolaise. Thierry Guyot, conseiller départemental délégué à l’agriculture, a assisté au concours et remis le 2e prix d’honneur de la catégorie veaux mâles Grands raceurs à Brigand, solide bébé de 8 mois, et à son heureux propriétaire, Jean-Marc Pacaut (Saône-et-Loire). L’occasion de rappeler le soutien, à hauteur de 4,3 millions d’euros en 2026, du Département à l’agriculture nivernaise.
Sous un soleil encore de plomb, le site du Marault, à Magny-Cours, a été le théâtre, comme chaque année, du Concours national veaux, qui donne invariablement le coup d’envoi des 27 concours de la race charolaise, jusqu’au baisser de rideau, lui aussi traditionnel, de la grande finale de Moulins (Allier), fin novembre. Un baptême du feu réussi pour Emmanuel Turpeau, éleveur des Deux-Sèvres qui vivait son premier concours dans le costume de nouveau président du Herd Book Charolais : « Ce qui se fait de mieux dans la race charolaise, vous l’avez devant vous », a-t-il rappelé en préambule du prix d’honneur des veaux mâles de l’année Grands raceurs, l’un des points culminants de la journée. « Ce concours, c’est la vitrine, et un outil de promotion pour les éleveurs ; il met en avant le travail de l’année, la qualité génétique des élevages. »
« Les Grands raceurs, c’est la crème de la crème », précise en aparté Denis Brugière, directeur du Herd Book, dont les équipes, basées au Marault, se sont mobilisées depuis juin pour préparer ce concours qui donne le ton de la saison. La sécheresse et les canicules qui frappent la métropole sans relâche depuis la fin du printemps ont inévitablement pesé sur l’affluence et l’ambiance du concours, même si la casse a été limitée : « On a 90 éleveurs de 21 départements. C’est le même nombre d’éleveurs que d’habitude, mais le nombre d’animaux présentés, 270, est en baisse de 15 % par rapport à l’an dernier. Les éleveurs ont fait le choix de préparer moins de veaux parce que les derniers mois ont été compliqués en raison du manque d’herbe ; il a fallu donner du fourrage aux animaux. Et la sécheresse a touché pratiquement toute la France, ce qui est inhabituel. »
« Obtenir un prix, cela marque une lignée, un élevage »
La stabilité du nombre d’éleveurs atteste néanmoins l’importance du concours pour les as de la génétique charolaise : « Obtenir un prix, cela marque une lignée, un élevage », explique Denis Brugière. « C’est une reconnaissance pour l’animal, et pour l’éleveur. » Sans oublier l’effet prestige de la récompense, qui « multiplie par deux ou trois » la valeur du veau primé.
Les places libres étaient rares, autour du vaste rectangle d’herbe, pour la présentation de la vingtaine de finalistes de la catégorie Grands raceurs. Après un premier écrémage par les juges, les veaux ont défilé une dernière fois le long des balustrades, avec plus ou moins de patience. Quelques minutes à attendre les délibérations, et le podium tombe, selon un rituel bien huilé : les juges se dirigent vers le troisième, remettent la plaque à l’éleveur et habillent prestement le veau Buckingham, en long et en large, du ruban tricolore. Puis renouvellent le cérémonial pour le deuxième, Brigand, et enfin le champion, Bourbon.
Parrainé par le Conseil départemental, le 2e prix d’honneur a été remis à Jean-Marc Pacaut, éleveur de Laizy, village entre Autun et Étang-sur-Arroux, et heureux propriétaire et naisseur de Brigand, « fils de Red Bull et de Mignonne », né le 30 décembre 2025. « Il a une classe terrible », sourit l’agriculteur en tenant son champion par la longe. « Pour moi, mes animaux doivent être comme une miss, beaux et élégants. »
Passionné de génétique « depuis toujours », Jean-Marc Pacaut élève un troupeau de 120 mères : « Je n’ai emmené que Brigand aujourd’hui. J’ai tout mis sur lui », rayonne-t-il, après être descendu du podium sur lequel il a posé pour les photographes en compagnie de Brigand et de Thierry Guyot, conseiller départemental en charge de l’agriculture, qui a offert en souvenir de ce 2e prix une faïence de Nevers conçue spécialement par la faïencerie Georges, et ornée d’une tête de charolais.
Invité à prendre la parole durant la présentation des Grands raceurs, Thierry Guyot a rendu hommage au travail du Herd Book charolais et de ses équipes, et aux éleveurs mobilisés « malgré le contexte morose » de la sécheresse, qui « réduit le stock de fourrage de jour en jour ». Et de rappeler que le soutien du Département s’est musclé, en 2026, avec un budget total de 4,3 millions d’euros pour la filière agricole nivernaise : « Nous avons également accordé une subvention de 50 000 € au Groupement de défense sanitaire », a ajouté Thierry Guyot. « Et nous finançons le laboratoire d’analyses Terana à hauteur de 532 000 € en 2026. »











