Loin d’être un fardeau, les trente collèges publics nivernais représentent un patrimoine précieux aux yeux de leur propriétaire, le Conseil départemental, qui exclut farouchement l’idée même de fermer l’un d’entre eux. À l’entretien courant de ces bâtiments, parfois anciens, s’ajoute désormais la nécessité de les adapter au changement climatique, et aux épisodes de canicule de plus en plus précoces. Un sujet brûlant évoqué lors de la rentrée.
Construits à une époque où le réchauffement climatique était un concept lointain et une menace brandie par des scientifiques inaudibles, la plupart des collèges publics nivernais subissent de plein fouet des phénomènes naguère inconnus, tels que les canicules en mai ou juin. Les vagues vécues au printemps dernier sont encore vives dans les mémoires des enseignants du collège Les Allières, à Saint-Pierre-le-Moûtier, que le président du Conseil départemental, Fabien Bazin, et le vice-président en charge des collèges, Wilfrid Séjeau, ont rencontrés le 1er septembre, jour de rentrée (1).
Pimpants, parfaitement entretenus, les bâtiments ont été équipés à leur construction de généreuses baies vitrées qui se révèlent redoutables dans les fortes chaleurs, mais pas seulement, pour les « mieux » exposées au soleil : « Dans ma salle, il fait 30 °C à partir de février. Je ne sais pas ce que c’est que faire un cours en pull », explique le professeur de technologie. « Et la température dépasse régulièrement les 35 °C, hors canicule. » Les poussées de chaleur printanières ont rendu les cours encore plus difficiles : « Les rideaux électriques lâchent tous, les uns après les autres », pointe une enseignante, soulevant la question de l’adaptation du collège au changement climatique.
Le sujet est sur la table des élus depuis plusieurs années maintenant. Sur les 7,5 millions d’euros affectés au budget des collèges en 2026, les 3,6 millions de dépenses d’investissement sont presque entièrement absorbés dans des travaux de rénovation énergétique (isolation thermique par l’extérieur et pose de stores ou de brise-soleil à Château-Chinon et à Lormes) et dans le lancement d’études pour la végétalisation des cours. Après René-Cassin à Cosne et Les Loges à Nevers, les îlots de chaleur s’amenuiseront en 2027 à Antony-Duvivier (Luzy), Paul-Langevin (Fourchambault) et Paul-Barreau (Lormes) grâce au remplacement du bitume roi par des pelouses et des plantations d’arbres apportant ombrage, biodiversité et maîtrise des excès pluviaux.
« Cette adaptation aurait dû être lancée depuis 25 ans », a reconnu Wilfrid Séjeau lors de la rencontre avec les enseignants des Allières. À l’orée du XXIe siècle, les dangers des gaz à effet de serre étaient encore un risque distant, dont la canicule de l’été 2003, aussi spectaculaire et traumatique fût-elle, n’a pas avivé la prise de conscience. La visite au collège Les Loges, dans l’après-midi du 1er septembre, a montré la mue spectaculaire de l’immense cour, végétalisée de moitié en 2025.
Le projet de transformation a mobilisé toute la communauté (élèves, enseignants, agents) autour du principal Baptiste Voisin, qui confiait il y a quelques mois le choc qu’il avait ressenti en découvrant la cour de l’établissement, en 2022 : « J’ai vu cette absence de verdure comme une injustice. Cette cour, c’était un parking de supermarché. Cela engendrait du désœuvrement, des bagarres. La végétaliser a été une priorité pour moi. Je voulais que tout le monde soit fier de son collège. » Moins brûlante, au propre comme au figuré, la cour des Loges est devenue un espace apaisé, adouci, dont les collégiens respectent les plantations. Une oasis appelée à fleurir, d’année en année, dans tous les collèges nivernais concernés.
1. Étaient également présents la directrice académique des services de l’Education nationale (DASEN), Francette Dalle Mese, le sénateur Patrice Joly, la conseillère départementale Marie-France de Ribeyrolles, le maire Pierre Billard (au collège Les Allières), les conseillers départementaux Véronique Khouri et Michel Suet, le maire denis Thuriot (au collège Les Loges)
« Chaque rentrée scolaire nous rappelle une responsabilité essentielle : offrir à chaque collégienne et à chaque collégien les meilleures conditions pour apprendre, grandir et s’épanouir. Dans la Nièvre, cette responsabilité guide chacune de nos décisions. Elle se traduit d’abord par un choix fort : préserver notre réseau de 30 collèges publics, répartis sur l’ensemble du territoire, afin que chaque famille bénéficie d’un service public de proximité.
Mais un collège ne se résume pas à ses bâtiments. Chaque jour, les équipes éducatives, les agents départementaux et de nombreux partenaires accompagnent les élèves dans leurs apprentissages, dans leurs découvertes culturelles, sportives, citoyennes. Un grand merci à eux. »
Wilfrid Séjeau, vice-président en charge des collèges




















