La famille de Zora Echterbille a posé ses bagages à Château-Chinon il y a deux ans, après une épopée de quinze mois à travers l’Amérique du Sud. Grâce au ukulélé et à la danse, qu’elle pratique à l’école intercommunale Morvan Sommets et Grands lacs, et à RESO Nièvre (créé et cofinancé par le Conseil départemental), la fillette de 11 ans a entamé un autre voyage, immobile et collectif, qui lui ouvre d’autres mondes.
Son ukulélé, qui l’accompagne chaque lundi soir à l’école de musique et de danse Morvan Sommets et Grands lacs, exhale un imbattable parfum d’ailleurs. « Il vient de l’île de Pâques », sourit Zora Echterbille dans le salon familial, à Château-Chinon. Sans forfanterie, mais avec une lueur de nostalgie dans le regard. À 11 ans, la fillette a déjà vécu l’un de ces voyages que beaucoup ne connaîtront jamais, hormis en rêve. Quinze mois à sillonner avec ses parents et sa petite sœur Lena l’Amérique du Sud, de l’Uruguay à la Colombie, jusqu’à la Patagonie : « J’évite d’en parler, j’ai peur de paraître prétentieuse. ».
Ses parents, qui travaillaient tous deux dans l’informatique à Grenoble, ont démissionné pour ce « projet familial » peuplé de tortues géantes, d’otaries et de baleines, de souvenirs et de sensations uniques jusqu’au retour en France et à l’ancrage dans le Morvan : « Les maisons étaient moins chères et plus pratiques. » Un retour à l’ordinaire, aussi, dans lequel la musique est devenue rapidement un moyen d’évasion, rejoint à la rentrée 2025 par la danse : « Quand je joue ou quand je danse, je me sens heureuse », explique Zora. « J’ai cours de ukulélé le lundi soir, de danse le mardi soir, et de musique collective le samedi après-midi. J’ai commencé par le ukulélé parce qu’il y a moins de cordes et c’est plus petit. Mais j’ai envie de découvrir la guitare. »
Une véritable fringale artistique
Mais pas seulement. C’est une véritable fringale artistique qui l’anime : « J’adore le dessin, la musique, la danse, la lecture. Plus tard, j’aimerais me lancer dans la musique ou l’écriture. J’ai déjà commencé à écrire, et j’ai envie de composer. » Une ouverture tous azimuts au monde, à d’autres mondes, qui l’aident à apprivoiser le rythme de la vie au collège, un cadre que l’on devine un brin étouffant après une année à L’Appel des Bois, une école alternative implantée à La Comelle (près d’Autun) prônant la « pédagogie par la nature », en forme de sas après l’aventure sud-américaine : « J’essaie de jouer ou danser tous les jours, mais je trouve que le collège me prend trop de temps. »
Si elle aime le Morvan « parce qu’il y a peu d’habitants et des coins formidables » mais aussi une bibliothèque et une piscine qu’elle n’imaginait pas trouver à la campagne, si elle s’est fait des amis dans cette terre d’adoption et avoue « se sentir mieux » après son long jet-lag, Zora Echterbille brûle de retourner en Amérique du Sud : « Quand je serai grande, j’irai en Argentine, pour les paysages. »












