Plus de 300 personnes ont bravé la canicule pour participer au 2e Débat de la Nièvre, organisé par le Conseil départemental, vendredi 29 mai à Montreuillon. Autour d’un sujet ardent, « protéger les Nivernais : pompiers et citoyens s’engagent », qui a mobilisé de nombreux volontaires et professionnels de tout le département, des élus et des habitants. Entre la flambée du nombre d’interventions, pour pallier notamment les failles du système de santé, et les difficultés à susciter des vocations, le monde des soldats du feu arrive à une phase sensible, pas encore critique. Attractivité, rémunération, évolution des pratiques et des mentalités, ouverture à des renforts citoyens : les échanges, souvent laudateurs, parfois piquants, ont fait fuser des idées qui ne devraient pas rester sans lendemain.
Après les femmes, la flamme. Trois mois après « Être femme dans la Nièvre », le deuxième Débat de la Nièvre s’est focalisé sur le thème « Protéger les Nivernais : pompiers et citoyens s’engagent », vendredi 29 mai à Montreuillon. Plus de 300 personnes, dont une large majorité de pompiers en tenue ou en civil, ont ajouté quelques degrés de chaleur humaine à l’atmosphère déjà suffocante de la salle des fêtes.
« Je n’ai jamais vu autant de monde dans cette salle », se réjouit dans son mot d’accueil Alexandre Couvenant, maire et sapeur-pompier volontaire, fier d’accueillir l’événement dans sa commune où la culture du secours prévaut officiellement depuis 1880 et la mobilisation de « seize volontaires » au service de leurs concitoyens. Réputé pour son école de JSP (jeunes sapeurs-pompiers), le village « est heureux et rassuré d’avoir un centre de secours », affirme le maire, qui voit dans sa caserne « un signe d’entraide et de fraternité ». Le premier éloge pro domo d’une soirée « feel good » pour le moral des pompiers, « héros du quotidien », « sauveurs », incarnation d’un « service public essentiel au bien-être de tous », selon les témoignages d’habitants compilés dans le film projeté en ouverture.
« Un service d’urgence qui ne tombe jamais en panne »
« Quand les températures grimpent, quand la grêle frappe, quand les services de proximité s’éloignent, on mesure combien la protection des habitants est essentielle. Ce débat est né d’une conviction simple : les meilleures réponses se construisent avec ceux qui vivent ces réalités au quotidien et qui s’engagent pour les Nivernais. On ne se parle pas assez sur dans le département, sur toutes les politiques publiques qui nous concernent, tous », assure en introduction Fabien Bazin, président du Conseil départemental, avant de planter le décor : « Les sapeurs-pompiers volontaires et professionnels dans la Nièvre, ce sont plus de 1 200 personnes, et donc 1 200 familles qui s’engagent pour la défense du territoire. C’est un service d’urgence qui ne tombe jamais en panne. Mais avec le changement climatique, les feux, les inondations, il faut que l’on se parle. Est-ce que les citoyens n’ont pas leur place à prendre aux côtés des sapeurs-pompiers ? En se formant aux premiers gestes, les habitants peuvent déjà les soulager. »
Par-delà les louanges, qui fusent tout au long des prises de parole, la soirée vise surtout à préparer la suite, comme le rappelle le colonel Olivier Peycru, directeur du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), aux côtés de Mickaël Maunoir, président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers (UDSP) : « Tous les thèmes doivent être abordés, sans tabou, car nous devons réfléchir au sapeur-pompier de demain, aux moyens d’améliorer ce système pour que les gens viennent plus facilement et pour qu’ils restent. Et je remercie le Conseil départemental pour l’organisation de ce débat, qui est inédit en France. »
Une attractivité du volontariat à réinventer
Si le témoignage d’Adyl, 12 ans, ancien fan du dessin animé Sam le pompier, inspire des bruissements attendris avec son enthousiaste « quand je serai grand, j’ai envie d’être sapeur-pompier pour aider les personnes », la vigilance climatise l’ambiance. Comment concilier son travail et un volontariat beaucoup moins rémunérateur, éviter les étincelles entre les générations et les sexes, intégrer les nouvelles technologies sans perdre son âme : ces sujets, et bien d’autres, auront été évoqués sans détours dans une soirée qui ouvre de nouveaux champs de réflexion et a déjà fait naître de nombreuses propositions. « On en a plus de 150 », assure en conclusion Fabien Bazin. « On va vous les renvoyer, les classer, voir ce qui relève du local, des communes, et de l’échelon national, où nous continuons à faire du lobbying. Les gestes qui sauvent, ce qu’il faut faire en cas d’incendie ou d’inondation, des plans de sauvegarde communaux et citoyens, ce sont des choses qui sont à notre main. Nous ne réussirons peut-être pas tout, mais ce soir, au moins, nous nous sommes donné le moral. »



















