La maison de retraite Les Quatre-Saisons, à Saint-Benin-d’Azy, et le Conseil départemental ont signé, le 18 mai, le Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) qui définit, pour la période 2026-2030, des engagements réciproques : qualité de l’accompagnement pour les personnes âgées accueillies, et évolution annuelle du tarif journalier pour les résidents relevant de l’aide sociale départementale. La garantie d’une visibilité appréciable dans un contexte rendu plus incertain par la hausse des coûts.
Avec ses 81 places d’hébergement, plus trois en accueil de jour, et 52 salariés, la maison de retraite Les Quatre-Saisons est un acteur important de la vie locale, et de la solidarité entre générations. L’établissement, créé à Saint-Benin-d’Azy il y a plus de 50 ans et intégralement rénové entre 2008 et 2014, est en effet ouvert aux personnes âgées relevant de l’aide sociale départementale. C’est à ce titre que le Conseil départemental a défini, avec l’EHPAD communal et l’Agence régionale de santé, un Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) dont l’enjeu est de graver dans le marbre, et dans la durée, des « engagements réciproques » et des « finalités principales » limpides : « l’adaptation des réponses aux besoins des usagers accompagnés ou à accompagner, en partenariat avec les autres acteurs du territoire, et l’efficience des pratiques ».
Aux côtés de Marianne Girard, directrice de l’Autonomie du Département, et de Patricia Claisse, directrice de la maison de retraite, Fabien Bazin, président du Conseil départemental, et Jean-Luc Gauthier, président du conseil d’administration des Quatre-Saisons (1), ont signé la convention qui fixe notamment, sur la période 2026-2030, l’évolution du tarif journalier versé par la collectivité à l’établissement pour la prise en charge des personnes âgées bénéficiant de l’aide sociale départementale.
Ouvrir la réflexion sur « le rapport au grand âge »
La hausse annuelle programmée fera passer ce tarif de 70,69 € en 2026 à 75,50 € en 2030. Ce qui, dans l’hypothèse de 25 résidents bénéficiaires (l’EHPAD en compte actuellement 27), représenterait un financement de plus de 2,6 millions d’euros sur cinq ans. La montée en puissance du tarif journalier accompagne une inflation régulière des coûts, alimentaires et énergétiques notamment, que le contexte international de plus en plus ardent risque d’attiser, comme l’a rappelé Jean-Luc Gauthier.
Soulignant l’engagement du Département envers les personnes âgées, en établissement ou à domicile, Fabien Bazin a salué le « travail de dentelle » des agents de la direction de l’Autonomie pour élaborer le CPOM : « Il faut non seulement éplucher ligne par ligne l’activité et les besoins de l’établissement, mais aussi essayer de se projeter. » Le vieillissement de la population, dans la Nièvre comme ailleurs en France, appelle une réflexion globale sur « notre rapport au grand âge » : « C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que quatre ou cinq générations cohabitent. C’est un choc, et on ne saura y répondre que si la population se mobilise. Nous avons lancé une expérimentation, sur Fours, pour gérer le maintien à domicile en incluant les voisins, les familles, et même les élus locaux, qui connaissent parfaitement leurs administrés. » Un mélange de citoyenneté et de solidarité qui mérite aussi de s’appliquer dans les « maisons de retraite du futur », où les métiers du soin et du lien sont de plus en plus en tension.
1. Maire de Saint-Benin-d’Azy, président de la communauté de communes Amognes Cœur du Nivernais et conseiller départemental du canton.











