Chaleur, simplicité et émotion ont donné une intensité singulière à l’inauguration de l’extension de l’EHPAD Bernard-de-Laplanche, à Millay. Présent dans tous les esprits et dans tous les discours, le souvenir de l’ancien maire Christian Pouchelet, décédé en janvier 2025, est désormais gravé dans l’histoire de la maison de retraite, dont le nouveau bâtiment porte son surnom, le Soué.
Posée à flanc de colline, sur les hauteurs du bourg de Millay, la maison de retraite Bernard-de-Laplanche offre un somptueux panorama sur le Morvan qui souffle les visiteurs autant qu’il ressource les résidents, depuis sa création il y a 33 ans. La MARPA (Maison d’accueil rural pour personnes âgées), devenue EHPAD en 2006, accueille 24 personnes âgées, sur lesquelles veillent 20 salariés. « L’esprit familial » souligné par la directrice Aurore Derangère a nimbé l’inauguration de l’extension, la Passerelle du Soué, mercredi 22 avril. Un nom énigmatique et symbolique pour le bâtiment qui fait passer la capacité de 24 à 29 places et dont le coût (980 000 €) a reçu le soutien du Département, à hauteur de 50 000 €, via le contrat cadre de territoire passé avec la communauté de communes Bazois-Loire-Morvan.
Le Soué n’est ni un ruisseau ni un lieu-dit, mais il marque de son empreinte l’histoire du village. Tel était le surnom de Christian Pouchelet, maire depuis 2014, brutalement décédé à 66 ans en janvier 2025, agriculteur, « personnage » de la commune et du Sud-Morvan, dont l’accent chantant transformait les « toi, moi et soi » en « toué, moué et soué », comme le confiait en aparté, dans un sourire attendri, sa nièce Blandine Delaporte, vice-présidente du Conseil départemental, venue à titre personnel, en mémoire de son oncle.
« Christian, c’était un passeur d’histoire, de mémoire, qui avait un grand attachement au patrimoine », souligne Jocelyne Guérin, vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’accompagnement des territoires et présidente de Bazois-Loire-Morvan, rappelant le rôle du maire disparu dans la réalisation de cette extension. « Quand les petites communes ont un projet, et qu’elles ont les hommes et les femmes pour le porter, elles arrivent au bout. Je suis ravie que le Département ait participé à ce projet qui est une sacrée belle image pour notre territoire. L’accompagnement du bien vieillir est une force pour notre ruralité. »
Tour à tour, le président de l’association gestionnaire de l’EHPAD, Jérick Develle, la directrice, le représentant des résidents, Bernard Tissier, le maire Gilles Talpin et la sous-préfète Émilie Acquistapace ont salué la concrétisation d’un projet lancé il y a deux ans et qui atteste la bonne santé et l’attractivité de la maison de retraite : « Nous avons 40 personnes sur la liste d’attente », précise Aurore Derangère. Un projet de résidence autonomie est déjà dans une phase de réflexion avancée, pour une éclosion attendue à côté de la Passerelle du Soué.
























