Comme à l’âge d’or de la Formule 1, la salle de presse du circuit de Nevers-Magny-Cours était comble, vendredi 27 mars. Point de journalistes sous les télés éteintes mais 200 élèves en lice pour la Dictée du Tour, organisée par ASO (la société mère du Tour de France) avec le Conseil départemental et la société gestionnaire du circuit. Une journée VIP pour l’étape du 16 juillet entre Magny-Cours et Chalon-sur-Saône était promise aux quatre as de la dictée – tirée d’un article du Journal du Centre – lue par l’ex-championne cycliste nivernaise Magalie Finot.
Venus de tout le sud-Nivernais, en locaux de l’étape comme les écoliers de Magny-Cours et Saint-Parize-le-Châtel ou d’un peu plus loin, 200 élèves ont mis leur orthographe et leur grammaire à l’épreuve de la Dictée du Tour, vendredi 27 mars, dans la salle de presse du circuit de Nevers-Magny-Cours offrant une vue royale sur la ligne droite des stands.
« Vous êtes dans la plus grande salle de classe du département », sourit Lionel Lécher, vice-président du Conseil départemental en charge des sports. « Nous sommes à 100 jours pile de l’étape Nevers-Magny-Cours-Chalon-sur-Saône. » Le 16 juillet, le peloton des Pogacar, Vingegaard, Martinez et Bernard s’élancera pour un tour de circuit avant de traverser le sud du département en direction de la Saône-et-Loire. La veille, l’étape Vichy-Nevers aura déjà braqué les projecteurs sur la Nièvre, pour le grand retour du Tour dans le département, 23 ans après sa dernière halte à la conclusion de l’étape Troyes-Nevers.
Enjeu de la dictée, quatre journées VIP offertes par ASO, la société organisatrice du Tour, pour les auteurs des meilleures copies et leurs parents. Sur fond vrombissant de bolides tournant sur la piste Grand Prix, les élèves ont écouté Magalie Finot lire le texte, le court extrait d’un article de Jean-Mathias Joly, journaliste du Journal du Centre, annonçant les deux étapes du Tour 2026 dans la Nièvre. Rayonnante, l’ancienne championne cycliste nivernaise a savouré l’exercice : « C’est le président du Comité départemental de cyclisme qui me l’a proposé », explique-t-elle après coup. « Il voulait que ce soit quelqu’un du milieu du cyclisme qui lise la dictée. C’est un grand plaisir. »
Issue d’une famille de cyclistes (voir encadré), Magalie Finot a brièvement détaillé son palmarès aux élèves, avant la dictée : « J’ai couru de 1999 à 2010, à une époque où le cyclisme professionnel féminin n’existait pas. J’ai fait deux fois la Grande Boucle féminine, avec l’équipe de France, le Tour des Flandres, la Flèche Wallonne, et j’ai participé au Championnat du monde à Madrid, en 2005. J’espère que cette journée vous donnera envie de pratiquer le vélo, un sport formidable. Et j’espère que vous serez présents les 15 et 16 juillet pour assister aux étapes du Tour dans la Nièvre. »
« C’était l’amateurisme le plus complet »
Plus de quinze ans après sa retraite sportive, la grande blonde élancée n’a jamais coupé le lien avec un monde dont elle ne garde que des souvenirs et des amitiés indélébiles : « J’ai eu un début atypique, à 26 ans, après avoir joué au basket pendant quinze ans. J’ai attendu d’avoir terminé mes études, et j’ai commencé comme ça. Je m’entraînais avec mon frère et mon beau-frère. Ce sont eux qui m’ont encouragée à me lancer. »
Licenciée au VS Nivernais-Morvan, Magalie Finot est rapidement repérée grâce à ses qualités physiques : « J’étais une rouleuse. J’ai commencé à courir en 1999, et en 2002 j’étais en équipe de France. J’ai participé aux plus grandes courses. J’ai gagné une Coupe de France en Bretagne, devant Jeannie Longo. » Derrière l’inusable star, le cyclisme féminin est alors à des années lumière du professionnalisme : « Je travaillais aux Finances publiques – j’y travaille toujours – et mon employeur m’accordait du temps pour que je participe aux courses. Et le lundi matin, il fallait être au bureau. On n’était pas rémunérées, pas aidées. C’était l’amateurisme le plus complet. J’ai le regret de ne pas avoir eu de structure pro comme les cyclistes d’aujourd’hui, faire des stages, avoir des kinés, mais je ne suis pas aigrie. J’ai quand même obtenu de bons résultats. Si j’avais 20 ans de moins, je le referais. À notre époque, les courses n’étaient pas télévisées. C’est quand France Télévisions a fait l’effort de retransmettre les courses que tout a commencé à changer, et que les sponsors sont arrivés. »
Son regard s’anime à l’évocation de ces années où les femmes cyclistes faisaient contre mauvaise fortune bon cœur : « Sur certaines courses à étapes comme le Tour de la Drôme, on venait individuellement et on formait une équipe le jour de la course. Je me souviens aussi être partie avec d’autres filles aux États-Unis, à nos frais, pour participer à une course. C’était l’aventure. Il y avait beaucoup de solidarité. » Une dernière anecdote pour la route : « Une année, on participe aux Trophées d’or. L’étape part de Saint-Amand-Montrond, et notre entraîneur oublie nos oreillettes. On est la seule équipe du peloton sans oreillettes, on se retrouve à trois dans l’échappée, et on gagne. »































