Fréquemment évoquée par les jeunes Nivernais eux-mêmes lors des rencontres citoyennes organisées par le Conseil départemental, la santé mentale des jeunes est un enjeu national, et vital, qui a suscité un fort partenariat du Département et de l’Agence régionale de santé (ARS). Le protocole signé à Imphy, mercredi 27 mai, par le président Fabien Bazin et Mathilde Marmier, directrice générale de l’ARS, prévoit ainsi le financement de postes de psychologues dédiés à cette cause, et le recrutement d’un infirmier pour les jeunes à « double vulnérabilité » confiés à l’Aide sociale à l’enfance.
Il faut du courage, et sans doute un profond désespoir, pour exposer son mal-être en public. Dans le flot de souvenirs et de sensations de quatre ans de rencontres citoyennes Imagine la Nièvre ! et Imagine la jeunesse, une image a marqué au fer rouge Fabien Bazin, président du Conseil départemental : « Un soir, à Clamecy, deux jeunes filles se sont levées pour dire, devant deux cents personnes : « On ne va pas bien et on a besoin d’être accompagnées. » C’est très éclairant sur la situation des jeunes de notre département », a-t-il expliqué, mercredi 27 mai, aux côtés de Mathilde Marmier, directrice générale de l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté, lors d’un déplacement commun au Centre de santé départemental et à la Maison de santé d’Imphy (1).
Objet de cette visite, la signature d’un protocole entre le Conseil départemental et l’ARS vise précisément à donner davantage de moyens pour la santé mentale des jeunes. Bras armé du ministère de la Santé dans la région, l’ARS s’engage à co-financer, pendant trois ans et à hauteur de 225 000 €, trois postes de psychologues : « Il nous faudra trouver la meilleure implantation possible pour eux, que ce soit à la Maison des ados, dans les centres sociaux ou dans les Missions locales », précise Fabien Bazin. « Notre rôle est d’adapter les politiques nationales aux réalités du territoire, en accompagnant les projets et les initiatives locales », ajoute Mathilde Marmier. « Nous sommes en soutien auprès du Conseil départemental et des collectivités locales pour agir sur des problèmes de santé identifiés, comme la vaccination ou la santé mentale. Avec le financement de ces postes, l’objectif est d’agir aussi en prévention. »
Avant de signer le protocole, Fabien Bazin et Mathilde Marmier ont rencontré, sur le parking surchauffé, deux membres de l’équipe mobile de la Maison des ados, un service de l’association Le Fil d’Ariane, soutenue par le Conseil départemental et l’ARS, et engagée depuis des décennies auprès des jeunes. Maud Vallot, directrice de la Maison des ados, et Hudo Besson, assistant social, ont présenté, et fait visiter, le camping-car qui sillonne la Nièvre, chaque semaine, pour aller à la rencontre des jeunes : « L’équipe mobile a rencontré 195 jeunes en 2025, sur les 453 accompagnés par la Maison des ados », détaille Maud Vallot. « Nous allons dans une quinzaine de communes, et nous avons des partenariats avec les collèges et les lycées, qui nous orientent les jeunes. Nous faisons du suivi court ; parfois, une séance peut suffire. Les jeunes qui viennent nous voir ont souvent des situations familiales compliquées, de violences intrafamiliales. Notre rôle est de ne pas laisser un mal-être s’enkyster, et de leur montrer que cela peut aller mieux, et vite. »
Créée en 2017, l’équipe mobile est composée d’éducateurs spécialisés, d’assistants sociaux, d’infirmiers et de psychologues, qui se interviennent en binôme. « Les études montrent que la santé mentale des jeunes se dégrade », relève Mathilde Marmier. « Votre équipe mobile est facilitante pour les jeunes qui ont des problèmes de transport, ou qui ne veulent pas dépendre de leurs parents. Vous répondez à un vrai besoin. »
Un soutien aux Centres de santé départementaux à hauteur de 100 000 €/an
Médecin généraliste salarié du Centre de santé départemental, parallèlement à son activité libérale à la Maison de santé (2), Xavier Buchholtz a exposé aux visiteurs du jour les caractéristiques, et surtout les projets, de ces deux équipements qui contribuent à « redensifier » l’offre de soins dans le Sud-Nivernais. Deux jeunes dentistes arriveront, une dés le 1er juillet et une autre d’ici la fin de l’année, et élargiront la palette des spécialités grâce au soutien actif du Conseil départemental.
Instaurés à partir de 2022 pour permettre à des milliers de Nivernais de ne plus subir les effets de la baisse de la démographie médicale, les Centres de santé départementaux bénéficient du soutien financier de l’ARS, confirmé dans le protocole signé avec le Département, à hauteur de 100 000 € par an, sur trois ans. Avec les bourses accordées aux étudiants de santé, l’implantation de Médecins solidaires à Chantenay-Saint-Imbert, et d’autres actions en faveur du transport sanitaire, des indemnités de stage des internes ou de la promotion des études de santé dans les établissements scolaires, le plan santé Nièvre illustre la mobilisation forte du Conseil départemental en faveur de l’accès aux soins, préoccupation majeure des Nivernais. Hors du champ des compétences officielles de la collectivité, mais en première ligne du service rendu à la population, comme l’a rappelé en conclusion Fabien Bazin : « En matière de santé, nous sommes probablement la collectivité qui, en France, essaie le plus de jouer sur tous les tableaux. »
















