Cela faisait dix-neuf ans qu’il l’attendait. À quelques semaines de la retraite, le capitaine Franck Bailly, chef des pompiers d’Alligny-Cosne, a fêté avec soulagement l’inauguration du nouveau Centre d’incendie et de secours, un bâtiment aux standards du XXIe siècle qui succède à la caserne rustique, inconfortable… et masculine dans laquelle des générations de pompiers volontaires se sont succédé. Après sept ans de gestation, ces installations « changent la vie » des seize pompiers (dont deux femmes) dont le nombre de missions ne cesse d’augmenter.
Des pompiers actifs et retraités, des élus d’Alligny et d’ailleurs, des proches fiers de voir les leurs en uniforme et en vedette du jour : il y avait foule, sur le bitume tout frais du Centre d’incendie et de secours d’Alligny-Cosne, pour l’inauguration de ce bâtiment ample et lumineux qui succède à l’antique caserne qu’aucun des seize pompiers volontaires ne regrettera. Et, encore moins que les autres, le capitaine Franck Bailly, chef de centre pour quelques semaines encore avant son départ en retraite : « Cela fait 35 ans que je suis pompier à Alligny, et 19 ans que je suis chef de centre. Cette nouvelle caserne, cela fait 19 ans que je l’attendais. Dans l’ancienne, il n’y avait ni vestiaire ni sanitaire ; il fallait se changer à l’arrière des camions, et on se douchait chez nous, après les interventions. Et les portes des garages n’étaient pas assez hautes pour tous nos camions. Ce nouveau bâtiment, ça nous change la vie. »
Sans regret ni amertume, le capitaine Bailly n’aura guère eu le loisir de profiter de cette caserne moderne dont il a accompagné toute la genèse, laborieuse, avant de partir avec le sentiment du devoir accompli et de passer le flambeau à l’adjudant-chef Étienne Legros, qui prendra ses fonctions de chef de centre en septembre : « Le premier projet remonte à 2019, et la première pierre a été posée en 2023. Les travaux ont été retardés par le Covid, par des soucis avec l’architecte des Bâtiments de France, et par des fuites dans la toiture. »
La juste reconnaissance d’un dévouement hors normes
Avec ses vestiaires séparés pour hommes et femmes, le nouveau Centre d’incendie et de secours rattrape la réalité de la féminisation progressive de l’effectif : « Nous comptons actuellement deux femmes, et nous en accueillerons bientôt trois de plus, dont une JSP (jeune sapeur-pompier) qui se forme à Cosne », explique Franck Bailly. Ces arrivées seront bienvenues pour répondre à l’augmentation du nombre des missions, un phénomène général auquel Alligny-Cosne n’échappe pas : « Il y a eu 270 interventions en 2025, et 2026 est bien parti pour dépasser ce nombre. Nous sommes de plus en plus sollicités pour des renforts, surtout depuis que nous avons été dotés d’un CCFM (camion-citerne feux de forêt moyen). »
Tour à tour, l’ancien maire Philippe Bourgeois et la nouvelle maire Françoise Roussel (1) ont salué avec émotion l’aboutissement d’un projet qui améliore les conditions de travail et de vie des pompiers. La juste reconnaissance d’un dévouement hors normes pour la protection des habitants et des biens : « C’est un outil de travail à la hauteur de votre engagement », a salué Michel Mulot, conseiller départemental délégué à la présidence du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS).
« Ce n’est pas tous les jours qu’on inaugure un nouveau centre d’incendie et de secours », a souligné en conclusion Fabien Bazin, président du Conseil départemental, rappelant que les sapeurs-pompiers constituent « le seul service d’urgence qui ne tombe jamais en panne ».
Avant que l’actualité des gigantesques incendies de Gironde rappelle la vitale nécessité des soldats du feu, l’inauguration de la caserne d’Alligny donnait au président du Département l’occasion d’appeler la population à soutenir des hommes et des femmes confrontés à une inflation des interventions : « Il va falloir essayer de les aider un peu parce qu’ils ne tiendront pas. C’est, par exemple, en se formant aux gestes de premier secours. Les municipalités et les élus peuvent également se mobiliser en fournissant les repas des pompiers lors de leur formation. »
Le Conseil départemental a d’ores et déjà décidé de flécher son aide au permis de conduire vers les Jeunes sapeurs-pompiers, en guise d’encouragement et de reconnaissance pour leur engagement. Il traduit ainsi en acte une proposition formulée lors du Débat de la Nièvre consacré aux pompiers, en juin à Montreuillon.






























