6 avril 2020

"20ème jour de confinement / Où sont les masques pour la Nièvre ?

Ce n’est pas facile. C’est même stressant et démoralisant et ce d’autant plus que nous avons du mal à voir comment cela va finir et même du mal à comprendre ce qui va se mettre en place. Avant tout autre chose, confinez-vous encore et encore. Je ressens l’envie d’un relâchement car certains se disent qu’ils s’imposent une vie compliquée pour une raison qui ne leur est pas palpable. Si, il faut se confiner, car il n’y a aujourd’hui pas d’autre solution et il faut se confiner sérieusement.

Dans la Nièvre, ce matin, le bilan est toujours de 5 décès à l’hôpital. Cependant il y a davantage de patients hospitalisés (34) pour COVID dont 10 en réanimation en comptant ceux venus de Côte d’Or.
L’inquiétude actuelle repose sur l’augmentation des contaminations du personnel soignant à Nevers, mais surtout à Cosne, où il a fallu procéder à la fermeture d’un service. Quelques inquiétudes également dans nos EHPAD où, vendredi, nous avons enregistré une demi-douzaine d’atteintes par COVID chez les soignants.

L’analyse que je fais de ces chiffres, c’est que le confinement fait son œuvre en empêchant une diffusion massive du virus dans le département mais que, comme on pouvait le craindre, l’offre de santé insuffisante de notre département sera vite débordée en cas de dissémination massive du COVID.

Il faut tenir et suivre attentivement toutes ces courbes pour s’adapter au jour le jour.

Pour la collectivité « Conseil départemental », autant que faire se peut, toutes les mesures pour faciliter le travail sont prises et j’aurai l’occasion dans deux jours d’en parler avec les organisations syndicales. Nous prenons également toutes les mesures possibles pour aider nos partenaires, quels qu’ils soient, à tenir dans cette période compliquée. Que tous les agents du Département reçoivent ici mes remerciements.

Parlons maintenant de demain, vous l’avez compris, je m’élèverais avec force dans la Nièvre contre un déconfinement qui serait décidé sans qu’un certain nombre de problèmes ne soient résolus, car je suis convaincu qu’un déconfinement dans de mauvaises conditions risque d’entraîner une redoutable poussée de la maladie, encore plus dans notre département d’ailleurs puisque nous serons loin de la protectrice immunité de groupe.

Il faudra sans aucun doute que nous soyons dotés de la capacité d’assurer à chacun de nos concitoyens l’utilisation (il faudrait même à mon avis que ce soit obligatoire) d’un masque quand ils évoluent dans la sphère publique. On pourra peut-être, si les scientifiques se mettent d’accord, utiliser des masques en tissu.

Mais de toutes façons, il faudra avoir un stock de masques très volumineux.

Et sur ce sujet, ce matin, je suis très en colère. J’étais déjà très contrarié par l’incapacité de notre pays à fabriquer tous les masques dont nous avons besoin alors que si les choses avaient été travaillées correctement en amont, nous aurions pu nous mettre à y penser dès début janvier (c.f. les propos de Mme Buzyn). Mais samedi, l’aéroport de Mulhouse a été l’objet d’un scandale d’État. La Région Bourgogne–Franche-Comté avait réussi à commander deux millions et demi de masques et je tiens encore ici à remercier la Présidente Marie-Guite Dufay, qui avait eu la bonne vision et qui avait ainsi pu nous assurer de la délivrance, théorique aujourd’hui, de 200 000 masques… Des masques pour la Nièvre, qui sont une urgence vitale, je dis bien vitale.

Et bien, un préfet cowboy, celui du Haut-Rhin, sans doute sur un cheval, revolver au poing peut-être, a fait main basse sur ces masques qui ne lui appartenaient pas. Où est l’État démocratique ? Que fait M. Macron ? Que fait M. Philippe ? Que fait M. Castaner, patron des préfets ? Où est l’État de droit ?

On aurait peut-être pu partager, mais là, le score est net et sans bavure :
Haut-Rhin : 2 millions et demi de masques,
Nièvre : 0 masque.

Pour M. le préfet du Haut-Rhin, la Nièvre est sans doute un territoire d’indiens en déprise démographique ou quelques morts de plus ou de moins est sans importance.

Après les masques, les tests ; il va nous falloir être capable de faire sans doute plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de tests par jour pour détecter très tôt les nouveaux cas et les isoler. La sortie du confinement pour tous entraînera la nécessité de confinement pour les malades. Il nous faudra aussi des résultats rapides pour ces tests. Aujourd’hui, il faut 48 heures alors qu’il faudrait les avoir au moins dans la journée si on veut être efficace. Des discussions ont commencé entre le CHAN et le Laboratoire d’analyse départemental pour utiliser, sous contrôle du CHAN, les personnels et les outils du Laboratoire départemental en vue d’une massification des analyses avec des résultats très rapides.

Je souhaite que tout cela soit mis en place rapidement pour le mieux, avant ce déconfinement que nous attendons avec envie mais aussi avec crainte.

Il va falloir également prévoir des structures pour accompagner les gens infectés par le COVID en difficulté sociale ou isolés qu’il faudra confiner et le département est prêt à participer à ce dispositif.

Voilà, bon courage à tous ! Confinez-vous et profitez de ce temps pour réfléchir à cette nouvelle société qu’il va falloir construire dans laquelle la santé, l’éducation et la transition écologique mais pas que, deviendront les occupations majeures de nos dirigeants qui vont peut-être comprendre que l’intérêt collectif doit sans aucun doute passer avant la liberté d’entreprendre.

Comme évoqué précédemment je vous ferais suivre dans une prochain post le communiqué de Mme la présidente de la Région, que je salue et remercie de sa belle initiative, malheureusement mise à mal par un cowboy du Far Est."

14 avril 2020

28e jour de confinement / plateforme solidaire et revenu de base

Bientôt un mois de confinement. Hier, le président de la République a annoncé la fin de ce confinement dans quatre semaines et je suis inquiet. Je suis inquiet car le confinement marche puisqu’aujourd’hui dans la Nièvre, même si le COVID a pénétré dans nos EHPAD et notamment à COSNE, il y a sans doute moins de 1 % de la population nivernaise qui a été en contact avec la maladie (malade ou porteur sain). Avec 1 % de la population malade, nos capacités sanitaires sont déjà lourdement impactées. Un déconfinement prématuré risquerait de ruiner ces semaines d’effort et de privation et de permettre au virus de vraiment s’installer dans la Nièvre. Je m’interroge pour savoir si nous aurons véritablement le temps de mettre tous les outils en place (masques à toute la population, multiplications des tests, isolement des patients COVID +) pour résister à un retour catastrophique de l’épidémie.

Je pense qu’il va aussi falloir prévoir la poursuite du confinement pour les plus de 65 ans et les patients à risques (diabète, insuffisance pulmonaire). Nous savons maintenant que 2 patients sur 3 de plus de 70 ans atteints par cette maladie qui entrent en réanimation décèdent.

Je crois aussi qu’il aurait été utile avant de déconfiner trop vite, de bien vider nos hôpitaux de patients COVID pour permettre à tous nos soignants de récupérer avant de repartir sur une poussée de l’épidémie et de leur laisser un temps de répit.

Hier, j’ai entendu un président de la République qui a plutôt écouté le monde économique que le monde médical. J’espère que la facture en vies humaines détruites ne sera pas trop élevée.

Je redis également, car je vous en ai déjà parlé, que le masque sera obligatoire dans la sphère publique et que d’ailleurs (à tort ou à raison, je n’ai pas de certitude à ce jour) les masques en tissu seront autorisés à condition d’être homologués. Ça veut dire, plusieurs dizaines de milliers de masques par mois pour les Nivernais.

Peut-être que d’ici là, notre gouvernement aura pris les bonnes décisions pour que notre industrie puisse assurer l’approvisionnement.

Il nous faudra également être capable de faire sans doute des centaines et des centaines de tests tous les jours pour dépister, isoler ou confiner les Nivernaises et les Nivernais contaminés et il nous faudra avoir une offre de locaux adaptés à ceux qui devront, pour différentes raisons, être accompagnés dans leur confinement.

Voilà, le tableau n’est pas forcément très brillant, mais il est ce qu’il est, et je pense que nous n’avons pas le choix et que nous devrons privilégier la santé de tous, y compris en la faisant passer avant des préoccupations économiques.

Dans cette situation délétère, je me dois de vous donner les axes du travail de la collectivité départementale.

Sur la situation sanitaire, j’ai proposé le soutien du Laboratoire départemental pour réaliser les tests dont nous avons besoin aujourd’hui (EHPAD et autres structures) et dont nous aurons encore plus besoin dans la période de déconfinement. Des discussions ont lieu avec les responsables sanitaires et j’espère qu’elles vont déboucher rapidement et positivement.

Sur les masques, grâce à la Région, 125.000 masques chirurgicaux sont arrivés au Département et seront distribués à partir de demain, prioritairement aux établissements sociaux et structures non couverts par l’Agence régionale de santé (ARS). 125.000 masques doivent encore arriver prochainement via la Région. Devraient nous parvenir aussi (je dis « devraient » à dessein) 300.000 masques commandés par le Département et les communes de la Nièvre a qui nous avions proposé de s’associer pour couvrir leurs propres besoins. Tout ceci doit permettre, aux structures partenaires et au Département, une vision à moyen long terme.

Parallèlement, j’ai demandé à mon cabinet de mettre en place dès le début de semaine prochaine, une plateforme solidaire pour la fabrication et la distribution de masques en tissu. Déconfiner en meilleure sécurité laisse à penser qu’il faudra environ 2 millions de masques dans la Nièvre (10 par habitants). Nous allons essayer d’être en capacité de fournir la matière première, la réglementation pour que ces masques soient habilités, car il ne faut pas faire n’importe quoi, et enfin, d’assurer la logistique pour les stocker et les distribuer.

Enfin, et c’est peut-être le plus important, avec mes 18 autres collègues présidents de Départements qui avaient déposé le projet de « revenu de base », je reprends mon bâton de pèlerin. Ensemble, ces 19 Départements demandent au gouvernement de le mettre en place d’urgence, pour aider tous ceux que cette situation dont on ne sait pas quand elle prendra fin met en difficulté. C’est extrêmement urgent. Avec la Caisse d’allocations familiales (CAF), le Département peut sans doute mettre très vite ce dispositif en route, si le gouvernement débloque les fonds nécessaires.
Le revenu de base consiste à assurer à tout le monde un revenu minimal dont il faudrait aujourd’hui qu’il soit égal à ce qu’on appelle le seuil de pauvreté, ouvert dès 18 ans sans condition.

Aujourd’hui, la priorité des priorités, c’est la santé. L’autre priorité, c’est que tout le monde puisse, disons, survivre. Après, il sera temps de reconstruire une économie dont j’espère qu’elle ne sera plus celle dans laquelle nous vivions, parce qu’elle saura déterminer les priorités de tous et les mettre en chantier. Confinez-vous bien. Confinons-nous bien.
Bon courage à tous.

17 avril 2020

32e jour de confinement / Ne pas aller trop vite en besogne...

24 jours avant le déconfinement (peut-être)… J’ai bien écouté notre Président de la République il y a quelques jours nous annoncer le jour « J » et je suis inquiet du peu d’analyse qu’il a pu nous faire et du peu de réponses qu’il a pu apporter aux questionnements qui sont les nôtres.

Personnellement, je ne partage pas cette décision.

Le déconfinement ne doit pas être une date mais un passage progressif qui se produit au moment où tout est prêt et je pense qu’il aurait dû faire avec nous la liste des pré requis pour un déconfinement le mieux réussi possible, donc celui qui préserve avant tout notre santé.

Je vais vous faire part de mes pré requis et les soumettre à vos avis éclairés que je pourrais essayer de faire remonter.

Je pense que l’on ne peut pas se permettre de lever le confinement, aussi longtemps que l’on n’a pas largement déchargés les services hospitaliers et notamment les services de réanimation, et que l’on n’a pas accordé un temps de repos conséquent à tous les soignants, car il y a risque de surchauffe de notre système de santé, de nouveau au moment du déconfinement.

On ne peut pas se permettre de lever le confinement sans s’assurer que tout le monde est équipé de masques fonctionnels dont on nous assure qu’ils seront efficaces et que leur réapprovisionnement est garanti.

On ne peut pas se permettre de lever le confinement sans avoir la certitude de pouvoir faire des tests de dépistage, quand leur justification épidémique, donc médicale, sera apportée et je sais déjà que les capacités qu’on nous annonce ont de très grandes chances d’être insuffisantes. Il faudra également être en capacité de faire ces analyses sur notre territoire sous peine de subir le choix de plateformes délocalisées. Ne faisons pas avec les tests ce qui s’est passé avec les masques.

On ne peut pas se permettre de lever le confinement si on n’a pas prévu des espaces où on pourra accueillir dans de bonnes conditions les patients infectés, peu malades mais très contagieux, qu’il va alors falloir confiner.

On ne peut pas rouvrir les écoles maternelles et primaires où la distanciation sociale est impossible sans nous expliquer comment on fait. Comment notre président ne se rend-il pas compte sur ce sujet que personne ne le croit sur le prétexte de la réouverture des écoles.
Qu’il nous dise la vérité ! Il faut rouvrir les écoles pour garder les enfants et que les parents puissent retourner au travail. Et que fait-on des garderies et des cantines ?
Et sur le retour au travail, j’aimerais dire à notre président qu’il doit nous dire tout de suite ce qu’il a compris de ce qui se passe et ce qu’il va faire pour changer la vie de ceux qui ont montré combien ils étaient utiles à notre société pour des salaires de misère. Il nous a dit après l’épisode des gilets jaune qu’il avait changé et qu’il avait compris mais rien n’a changé. Il nous dit aujourd’hui la même chose, il a changé, il va changer les choses, mais il nous dit aussi de retourner au travail, quelque part, de risquer notre vie, sans dire un mot de ce qui va changer. Ce n’est pas ce que le pays attend.

Excusez-moi pour ces digressions politiques, mais je recommencerais sûrement. Revenons au médical et à mes conclusions personnelles. Le 11 mai, moins de 1 % de la population nivernaise aura été touché par le virus et ce résultat est dû au confinement, mais il faut que tout le monde comprenne que c’est comme si le territoire était indemne et que si on ouvre un tout petit peu les portes, le virus va revenir au galop. Mais, et je refais de la politique, le déconfinement le 11 mai n’est-il pas un changement radical de stratégie qui montre que dès lors le choix est fait de la politique dite de l’immunité de groupe soit 60 à 70 % de personnes atteintes ? Si c’est ce choix qui est fait, alors il faudra le dire…

Un mot maintenant sur ce qui se passe au Département. Dans un délai de 15 jours à 3 semaines, le déploiement de 550.000 masques s’organise, 250.000 dans le cadre d’une dotation régionale, 150.000 masques à la demande des communes et 150.000 masques au Conseil départemental pour ses agents et les structures partenaires.

J’attends la décision définitive de l’État sur la mobilisation du Laboratoire départemental dont j’ai proposé la participation pour faire des tests « Made in Nièvre ». Je ne maîtrise pas la réponse, mais je l’accepterais et vous en ferais part.

J’attends la réponse du gouvernement sur la proposition du Revenu de base dont je pense que ce serait une réponse cohérente aux problématiques de pauvreté et dont on voit qu’elle s’étend largement en cette période de crise sanitaire.

Et puis parce que c’est aussi un signe donné pour provoquer un changement de fonctionnement, de réflexion, nous mettons en place une plateforme pour apporter des solutions solidaires et nous proposons de commencer en travaillant sur la confection et l’approvisionnement de masques. Je vous invite à trouver tous les renseignements sur le site du Conseil départemental dès la semaine prochaine.

Merci de votre patience à me lire. Confinez-vous bien, c’est la meilleure ordonnance qu’on peut vous faire et j’aurais tendance à dire comme lorsque j’étais médecin qu’il faut que cette ordonnance soit renouvelée pour plusieurs mois, à mon avis jusqu’à trouver un vaccin.

Bon courage.

24 avril 2020

39e jour de confinement / Préparer un déconfinement prudent !

18 jours avant le déconfinement (peut-être...)

Je suis toujours inquiet face à cette décision de déconfiner le 11 mai, notamment de rouvrir les écoles avec le risque de créer des clusters, quand on prend en considération ce que vit encore un certain nombre de territoire français (Grand-Est – Val d’Oise) vivent encore. Il se peut que le risque soit moindre avec l’arrivée de l’été. Il se peut que ce virus soit moins actif. Mais il se peut aussi que l’arrêt du confinement entraîne une deuxième vague de malades, alors qu’on est certain maintenant que l’on n’est pas encore sorti de la première et que nos établissements sanitaires et nos soignants ne supporteraient sans doute pas de revivre sitôt ce qu’ils viennent de vivre.

Donc, je ne suis pas d’accord et je le dis avec force, mais je suis républicain et je ne ferai pas jouer mon droit de retrait, parce que je suis un élu et que je me sens responsable des agents du Département et de l’accomplissement de nos compétences jusqu’à la fin de mon mandat (rassurez-vous, ça se rapproche).

Ceci étant dit, j’ai demandé à l’équipe de direction du Département de faire un plan de retour à une activité adaptée aux circonstances de notre collectivité. J’en profite d’ailleurs pour saluer la façon dont les agents viennent de traverser cette période de confinement en montrant surtout leur abnégation, leur sens du service public et leur capacité d’adaptation.

Au Département aussi, demain ne sera pas comme hier et nous saurons tirer des conclusions positives de cette période et ces conclusions, j’invite l’ensemble des agents à les tirer avec moi.

J’ai notamment demandé que l’on travaille, à la place qui est la nôtre, au retour des enfants dans nos collèges. Les collèges seront prêts et les agents du Département dont l’état de santé le permet seront à leurs postes. Mais j’ai aussi demandé que l’État prenne ses responsabilités en précisant qu’il demande la reprise de l’école contre mon avis et qu’il s’engage sur sa capacité à écrire un protocole et à l’appliquer en cas de pénétration du COVID dans un établissement scolaire, ce qui pourrait avoir des conséquences gravissimes. Aujourd’hui, rien n’est clair sur les mesures sanitaires qui seront mises en place mais je pense qu’au moins deux sont quasi obligatoires : la capacité à tester immédiatement et 8 jours plus tard tous ceux qui auront fréquenté le site contaminé et la possibilité d’isoler les personnes malades, voire les personnes ayant été en contacts, pour empêcher la diffusion du virus. Et je pose clairement la question : qui pourrait prendre la responsabilité de laisser les agents de la collectivité sur un site contaminé ? Certainement pas moi ! Et je pose une autre question : ces agents, s’ils sont à leur tour contaminés, pourront-ils en partie me poursuivre ? Et je réponds oui ! Et je repose une dernière question : est-ce que l’État me défendra ? Et je réponds ? Je ne sais pas, mais j’ai peur que non...

Sans doute, faut-il déconfiner, mais il faut le faire petit à petit sans créer de cluster, pas forcément en même temps sur tout le territoire, en s’assurant que notre système de santé tiendra le coup et, surtout, il faut le faire quand tout est prêt. Et jusqu’à maintenant, il faut bien dire que rien n’est jamais prêt dans le temps où il le faut.

Le Département est très proactif pour la préparation du déconfinement. Je remercie Madame la préfète d’avoir réquisitionné mardi dernier le Laboratoire départemental pour nous permettre d’avoir un outil de dépistage local. Même cette activité doit être relocalisée pour être plus efficace et sécurisée. Merci aux agents du Laboratoire départemental de se mettre aussi en ordre de bataille. Malgré cet engagement, aujourd’hui, personne ne sait quelle est la capacité de notre pays et de notre département à réaliser des tests. Personnellement, j’imagine que, dans la Nièvre, c’est plusieurs milliers par jour qu’il faudra faire après le déconfinement et aujourd’hui, nous n’en sommes pas capables.

Sur les masques, tous les établissements médico-sociaux et sociaux sont équipés et réapprovisionnés par le Département. Le problème aujourd’hui, c’est les masques grand public dont il faut que nous soyions tous munis dès le 11 mai car même s’il ne sont pas juridiquement obligatoires, il sont bien moralement et médicalement obligatoires. Le Département a installé une plateforme solidaire et il propose gratuitement le tissu, les élastiques, le tuto et les normes pour faire des masques en travaillant de concert avec les mairies, comme nous l’avons fait pour les autres masques. Vous trouverez à la fin de ce post l’adresse mail du site.

En conclusion, je pense qu’il faut effectivement progressivement déconfiner parce que le déconfinement n’est pas une date mais un passage. Je parle, au Département, et nous essayons de le mettre en place, d’un plan de retour d’activité adapté, forcément travaillé avec ceux qui le subissent et qui permette à ceux qui retournent au travail de le faire avec un maximum de sécurité. Ce n’est pas le cas dans les écoles et les transports en commun aujourd’hui.

Je pense qu’il faut bien dire et faire comprendre aux plus de 65 ans, surtout quand ils ont des pathologies associées, qu’ils vont être dans une période de tous les dangers et que c’est pour eux un intérêt vital que de redoubler d’attention et de confinement.

Ah oui, pour finir, j’attends toujours de connaître les grandes lignes de ce que sera ce demain dont on nous a dit qu’il ne serait plus ni comme hier ni comme aujourd’hui. Cela pourrait contribuer à nous redonner le moral.

Moi, je nous vois bien faire société autour de l’intérêt collectif défini clairement et démocratiquement par tous les citoyens que nous sommes.

Préparons-nous à un déconfinement prudent.

30 avril 2020

45e jour de confinement / Penser au monde de demain

Nous avons tous pu écouter le Premier ministre. Personnellement, il ne m’a pas rassuré. Il y a un certain nombre de décisions que je partage. D’abord, celle d’un déconfinement progressif pas forcément définitif en fonction des chiffres de propagation du virus sur la base d’une étude départementale, si j’ai bien compris, donc d’un déconfinement régionalisé avec possibilité d’un retour en arrière. Je partage l’idée qu’il ne faudra pas déconfiner le 11 mai si les chiffres ne s’améliorent pas. Je partage l’idée qu’il faut autoriser les Françaises et les Français à une plus large autonomie dans leurs déplacements, dans leurs activités, dans la mesure où toutes les règles de distanciation sociale sont appliquées et que tous acceptent que ces activités et ces déplacements ne soient effectués que s’ils sont strictement nécessaires. L’idée de ne pas se déplacer à plus de 100 km me paraît sage pour essayer de diminuer la circulation du virus.

Par contre, je continue à être résolument contre la réouverture des écoles. C’est prendre des risques inutiles dans un contexte d’impréparation totale. Il s’agit en gros d’une rentrée scolaire en milieu hostile qui n’a pas été préparée ou si peu. Les dates changent tous les jours, les effectifs sont inconnus et surtout, plus grave, aucun protocole n’est à ce jour transmis aux responsables sur les mesures à prendre en cas de suspicion de COVID dans un établissement scolaire.

Sur les tests, oui, il va falloir tester, tester et retester pour isoler les malades, voire les cas suspicieux, et le chiffre de 700 000 tests par semaine en France me paraît bien en-deçà de ce qu’il faudra. Cela correspond à 300 tests par jour dans la Nièvre. Ce n’est donc pas un dépistage massif. Ce chiffre, à mon avis, est avancé car, comme d’habitude, on ne dit pas la vérité. 700 000 tests, ce sera peut être la capacité à faire mais pas ce qui sera nécessaire...

Sur les masques, j’avais compris que l’Etat central assurerait la dotation d’au moins un masque par habitant. J’ai l’impression que ce n’est plus en vigueur.

Je crois surtout que le message a encore une fois manqué de rigueur et surtout de perspectives. Il faut dire les choses telles qu’elles sont et ce n’est pas ce qui est fait depuis plusieurs mois.

Il faut dire que les modèles épidémiologiques sur lesquels on se basait sont faux. L’infection n’a pas eu de pic, mais elle est en plateau, plateau qui remontera au moindre relâchement.

Il faut le dire pour éviter de faire croire aux Françaises et aux Français que, dans quelques jours ou semaines, chacun pourra reprendre sa vie comme il l’a laissée le 15 mars dernier.

Il faut dire que nous sommes partis pour plusieurs mois et qu’il ne s’agit pas forcément de confinement mais plutôt de reprise d’activité adaptée jusqu’à ce qu’on découvre un vaccin et qu’on le diffuse de manière universelle. La vie d’avant n’est pas pour demain. En attendant, continuez de vous confiner. Faîtes le sérieusement sans vous relâcher tout en réfléchissant à ce que sera votre après 11 mai et en le préparant.

Permettez-moi quelques lignes sur le Département pour encore remercier tous les agents et surtout ceux qui ont accepté de sortir de leur confinement pour aller livrer les masques, aider la MADEF, mettre en place le télétravail et faire bien d’autres choses encore.

Comme par exemple, mes collaborateurs du Cabinet et du service communication ainsi que des agentes volontaires qui, hier, ont découpé deux kilomètres de tissu et qui les ont livrés aussitôt aux communes pour leur permettre de faire réaliser par des équipes de bénévoles 35.000 masques dits grand public dans le cadre de notre plateforme solidaire.
La même opération sera reconduite la semaine prochaine.

Comme par exemple, les agents du Laboratoire départemental d’analyse qui, tout en continuant d’exercer leurs compétences habituelles, se préparent pour être capable de réaliser plusieurs centaines de tests COVID par semaine le plus rapidement possible.

Et tant d’autres encore.

Je ne doute pas qu’ils seront également aux rendez-vous de demain, d’après-demain et de cet après que nous appelons de nos vœux, pour que nous montrions tous ensemble notre capacité à reprendre quasiment toutes nos activités en nous adaptant à la situation bien particulière que ce virus a installée dans le monde entier.

Et puis je vais finir par un appel. En effet, j’appelle toutes les Nivernaises et tous les Nivernais à réfléchir à leurs prochaines vacances pour penser à autre chose, en faisant le choix de les passer dans la Nièvre.

Je nous propose de saturer tous les hôtels, tous les gîtes, tous les spots nivernais, en respectant bien sûr les mesures de distanciation sociale qu’il faudra continuer à respecter.

Le monde de demain commence sans doute par là en allant aux Settons, à Baye, sur ou a coté du canal du nivernais plutôt que dans un pays exotique où certains vont en avion pour jouer avec une console au bord de la piscine d’un hôtel multi étoilés. Allez, pensons au monde de demain !

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