Les cours d’eau

Autrefois nommée Vert Pays des Eaux Vives, la Nièvre possède près de 5000 kilomètres de rivières et canaux. Les rivières constituent des écosystèmes d’une grande richesse floristique et faunistique. C’est un milieu de vie qu’il est plaisant de fréquenter et où se marient des activités de tous les genres. Une rivière reste quand même un milieu fragile qu’il est nécessaire de préserver face aux activités humaines.

L'hydrographie dans la Nièvre {JPEG}
Le département de la Nièvre est traversé par deux grands fleuves, la Loire et l’Allier et de nombreux cours d’eau. L’ensemble du territoire drainé par un cours d’eau principal et ses affluents s’appelle un bassin versant. La Nièvre est divisée en 2 bassins versants (Loire Bretagne et Seine Normandie).
Carte structures compétentes en adduction d'eau potable

Le statut des cours d’eau domaniaux et non domaniaux

L’entretien des cours d’eau domaniaux incombe à l’Etat.
Les cours d’eau non domaniaux sont caractérisés par opposition aux cours d’eau domaniaux. Les cours d’eau nivernais sont pour la plupart des cours d’eau dits « non domaniaux » ou de propriété privée. Le lit et les berges des rivières ont donc différents propriétaires. Leur entretien incombe aux propriétaires. Les limites de propriété se situent au milieu du lit de la rivière (article L215-1 à 6 du code de l’environnement).

Les caractéristiques physiques et géologiques du département

Il est nécessaire de connaitre la géologie des sols, le climat et la pluviométrie pour comprendre les variations de la ressource en qualité et en quantité.

La géologie

Située dans les formations géologiques du sud-est du Bassin Parisien, la Nièvre présente une grande variété de paysages en lien directement avec la géologie du sous-sol :

  • La Loire et l’Allier et leurs nappes alluviales
    Au Sud, principalement entre la Loire et l’Allier, les plateaux de sables et argiles du Bourdonnais marquent le paysage.
    Enfin, l’extrême Nord Ouest du département est caractérisé par des formations plus récentes correspondant aux plateaux de la Puisaye avec ses argiles, sables et grès.
  • La zone de la Puisaye et ses argiles et sables
  • La zone du « Bazois » et ses grès silicifiés
  • Le centre nivernais et ses calcaires
    Vers l’Ouest, s’étend ensuite le Nivernais avec son substratum de calcaires hétérogènes, base d’une variété de paysage allant des vallons bocagers aux plateaux et coteaux viticoles de la Bourgogne nivernaise pour finir dans les vallées de la Loire et de l’Allier.
  • Le Morvan et son socle cristallin.
    A l’Est, se trouvent les hautes terres cristallines du Morvan avec son point culminant le Haut Folin à 901 m. Cette zone de moyenne montagne est principalement boisée.
    En appui sur ce socle vient la dépression du Bazois avec ses argiles et marnes propices aux prairies.

Le climat et la pluviométrie

De par cette géologie variée, le climat est différent entre l’Est et l’Ouest du département. Le Val de Loire connaît un climat à influences océanique avec des précipitations moyennes de 600 à 800 mm par an tandis que le Morvan subit un climat semi-continental dont la pluviométrie moyenne peut atteindre les 1000 à 1500 mm par an.
Ainsi sur la zone du Bazois par exemple où les formations sont plutôt marneuses nous avons un important chevelu hydrographique dont les débits sont tributaires essentiellement de l’intensité des pluies. A l’inverse dans les secteurs où ce sont d’épaisses formations de calcaires qui dominent, comme dans la région du Nohain (Donzy, Garchy), c’est la nappe d’eau souterraine qui assure le débit des rivières en période estivale et en l’absence de précipitations.

L’hétérogénéité de ce substratum géologique entraîne en plus des paysages contrastés, des ressources en eau en quantité et qualité très différentes.

L’eau en quantité

L’eau est très présente sur le département mais malgré tout, les cours d’eau peuvent subir des étiages sévères et conduire à des restrictions d’eau. Inversement, en hiver, des inondations peuvent être occasionnées par des pluies abondantes.

Les débits des cours d’eau

Des cours d’eau serpentent lentement dans les plaines alluviales de la Loire ou de l’Allier. Dans le centre de la Nièvre, le support calcaire leur donne un caractère particulier, avec un régime un peu plus rapide. Avec des variations dans les débits qui font que chaque cours d’eau diffère lors des périodes de l’année. Par exemple, le débit de l’Ixeure, affluent de la Loire à l’amont de Nevers, peut être extrêmement faible en été. Par contre, en hiver, il connaît de très fortes crues.
Un autre cours d’eau, la Nièvre, est beaucoup moins sensible à l’étiage, grâce aux réserves qui se sont constituées dans le sous-sol.
Dans le Morvan, les cours d’eau ont la caractéristique des rivières de montagne. Alimentés par une pluie abondante et par des sources qui prennent naissance dans l’arène granitique. Ces sources sont très nombreuses mais d’un faible potentiel et leurs débits deviennent très faibles, quelquefois nuls en étiage. L’eau est acide, ce qui n’est pas favorable à la diversité, mais ce qui permet par contre d’héberger des espèces rares.

Consultez les débits sur hydroréel
Dreal bourgogne Franche Comté

La qualité de l’eau : une surveillance de chaque instant

Le Département et ses partenaires surveillent la qualité de l’eau des principaux cours d’eau du département. Environ cinquante points de mesure permettent chaque année de mesurer la qualité de l’eau sur différents paramètres. Cette connaissance permet de protéger la ressource face aux différentes pollutions. La protection de la ressource sur un territoire est essentielle. Les enjeux sont environnementaux, économiques et sanitaires.
La qualité de l’eau sur un territoire est un véritable patrimoine qu’il faut entretenir et améliorer car une eau de bonne qualité est bénéfique à tous les usagers. Son suivi est indispensable pour bien choisir les actions à conduire et remédier aux dégradations qui ont été identifiées.

Les objectifs des suivis ?

  • dresser un diagnostic des cours d’eau
  • déceler des pollutions accidentelles car elles peuvent modifier ou détruire la faune et la flore
  • adapter les usages (eau potable, baignade, abreuvage, pêche…) en fonction de la qualité de l’eau
  • fournir un indicateur sur l’efficacité des actions de dépollution et d’aménagement des cours d’eau.

La réglementation

La protection de ce patrimoine est assurée par diverses politiques. La Directive Cadre Européenne sur l’Eau de 2000 a fixé des objectifs ambitieux pour la préservation et la restauration de l’état des eaux superficielles et souterraines. La DCE (Directive cours d’eau) a pour objectif majeur "le bon état des eaux" et la non dégradation de l’existant.
La stratégie et le programme d’action à mener pour améliorer le plus rapidement la qualité des rivières est décrite dans le SDAGE (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux). Il identifie les enjeux et les solutions pour un bon état des eaux.
La mise en œuvre de ces politiques de gestion requiert une bonne connaissance de l’état des milieux aquatiques. Cette connaissance est obtenue par divers réseaux de suivi de la qualité de l’eau superficielle et souterraine.

Les principes d’évaluation de la qualité de l’eau superficielle

Le Conseil départemental a créé un réseau de suivi de la qualité de l’eau superficielle, en partenariat avec les agences de l’eau Loire Bretagne et Seine Normandie. Ce réseau départemental a pour objectif de parfaire la connaissance sur le territoire.

L’objectif de bon état chimique consiste à respecter des seuils de concentration appelés normes de qualités environnementales (NQE). Ces seuils se rapportent à une liste de 45 substances (métaux, pesticides, hydrocarbures, solvants etc.) visées par la directive cadre sur l’eau.

Utiliser la rivière …

Les rivières satisfont de nombreux usages en agriculture (abreuvage des animaux), en tourisme loisir (baignade, pêche, canoë) mais aussi en alimentation en eau potable. C’est donc une ressource essentielle.
Les rivières subissent également de nombreuses pressions avec des travaux hydrauliques (recalibrage, curage), la présence d’ouvrage hydraulique, le piétinement par les animaux, les passages à gué, les espèces végétales et invasives et les pollutions diverses. En effet, la rivière, en collectant les eaux du bassin versant, est aussi le réceptacle de nombreuses pollutions (domestiques, urbaines, industrielles et agricoles).
Face à ces pressions des travaux peuvent être réalisés afin d’améliorer ou de moins dégrader ce milieu.
N’hésitez-pas à contacter le service des eaux. Il saura vous conseiller.

L’Entretien des cours d’eau : favoriser la biodiversité

La végétation des rives joue un rôle majeur de corridor biologique avec une biodiversité à préserver.
L’entretien de cette végétation joue un rôle primordial dans le maintien des berges et le fonctionnement de l’écosystème. Elle joue également un rôle de filtration des pollutions. Les différents organismes vivants dans une rivière (plante, insectes, bactéries…) ont des rôles qui se complètent. Ils permettent le maintien de la qualité de l’eau grâce à l’auto-épuration naturelle : une partie des nutriments (nitrates, phosphates…) présents dans l’eau est "nettoyé". Il est donc nécessaire de l’entretenir et de la protéger afin de garder un équilibre naturel.

Consulter et télécharger ici la synthèse documentaire préparée par les services du Conseil départemental

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Les lacs et les étangs du département

Dans la partie nivernaise du Morvan, nous trouvons 5 grands lacs qui, nichés dans un écrin de forêts, possèdent un environnement naturel sauvage jusqu’ici préservé.

Dans la plaine, en avant des hauteurs du Morvan lorsque l’on vient de Nevers, se trouvent les 3 principaux grand étangs contigus de la Nièvre : Baye - Vaux et La Perchette qui occupent une surface d’environ 220 hectares.

La Nièvre compte :

  • 1500 hectares de lacs et grands étangs
  • 5 000 km de rivières
  • 1 500 hectares de lacs et grands étangs

Les lacs

Découvrons les 5 grands lacs de la partie nivernaise du Morvan :

  • Chaumeçon (135 ha)
  • Crescent (200 Ha)
  • Pannecière (520 Ha)
  • Les Settons (360 Ha)
  • Saint Agnan (150 Ha)

Créés de toute pièce par les mains de l’homme aux 19e et 20e siècles afin de satisfaire les besoins d’approvisionnement en eau et de transport du bois à l’époque du flottage, ils servent désormais à réguler le niveau d’eau de la Seine et de l’Yonne.

Malgré leur proximité géographique, ces lacs offrent un paysage et des caractéristiques bien distincts. Leur diversité fait aussi le bonheur des amateurs de sports et d’activités de pleine nature. Les lacs du Morvan attirent environ 600 000 visiteurs par an.
Ils constituent un environnement spécifique :

  •  préservé et exceptionnel, où les hommes ont su vivre, ici un peu plus qu’ailleurs, en harmonie avec leur environnement.
  •  éco-sensible, qui pense son développement et ses projets dans le respect de cet environnement.

Le lac de Chaumeçon

C’est sans doute le lac (200 ha) le plus sauvage du Morvan. Profondeur maxi au barrage : 35 m Amplitude maxi du marnage : 20 m. Il découvre chaque année ses pentes abruptes en laissant apparaître, dans son étroite vallée, un paysage sans égal entre l’eau et la forêt.
Construit en 1935, le barrage de Chaumeçon retient les eaux du Chalaux, un affluent de la Cure. Il forme une retenue d’environ dix-neuf millions de mètres cubes d’eau, soit une hauteur d’eau d’environ 36 m. Il est aussi le régulateur indirect du débit de l’Yonne et sert également à produire de l’électricité.

Pour découvrir la beauté naturelle des abords du lac, trois boucles de randonnées sont aussi proposées. La base Sport et Nature de Chaumeçon est un haut lieu de pratique des sports nature et en particulier des sports d’eaux vives.

Le Chalaux est aussi le point de départ d’activités d’eaux vives, raft, canoë, aviron... Chalaux a accueilli en 2005 les championnats d’Europe de Canoë-kayak en eaux vives, et verra en juin 2008 les Championnats de France UNSS de canoë et du 23 au 27 juillet le Championnat de France de descente en Canoë-Kayak.

Le lac de Crescent

Ce lac (200 Ha), qui doit son nom à sa forme de "croissant", fut construit en 1930. Les travaux furent financés par les dommages de guerre.

C’est un barrage qui retient à la fois les eaux de la Cure et du Chalaux. Comme la plupart des lacs du Morvan, il est équipé d’une petite centrale électrique et des activités nautiques se sont développées sur ses rives.

L’univers du Crescent est celui de la nature sauvage par excellence.

Le lac de Pannecière 

C’est le plus grand et sans doute le plus diversifié des lacs du Morvan avec son barrage hydroélectrique. L’univers du lac de Pannecière est celui de la nature sauvage et préservée.
Tout au long de ses 520 ha, le lac s’étend sur 7,5 km dans un joli site de forêts, de collines boisées, de vallons, de bocages, et de petits bourgs. A l’occasion de la vidange du lac, on peut apercevoir le saisissant spectacle des vestiges des maisons de l’ancien village désormais enfoui sous les eaux du lac.

Les eaux profondes (Profondeur maxi au barrage : 48 m - Amplitude maxi du marnage : 23 m) du lac de Pannecière sont le royaume des pêcheurs adeptes de la célèbre pêche au carnassier(*) et à l’observation de la faune. C’est aussi le paradis des randonneurs.

Le barrage de Pannecière

Long de plus de 300 m et haut de 50, cet imposant barrage alimente une centrale électrique. Il permet surtout de réguler le débit de l’Yonne, en particulier grâce à un deuxième lac dit "de compensation". Une route permet d’en faire le tour et le tourisme s’est également développé sur ses berges.

Le lac des Settons

Le lac des Settons (360 ha) est un des grands lacs du Morvan. Il est situé à 600 m d’altitude et entouré de bois de sapins et de mélèzes. Construit en 1858, le lac des Settons est retenu par une digue en pierre (construite en blocs de granit), unique en France. Profondeur maxi au barrage : 18 m - Pas de marnage. Niveau d’eau stable toute l’année.

Il était destiné à gonfler les eaux de la rivière pour permettre le flottage du bois, et alimenter Paris, via la Cure et l’Yonne. Après les inondations de Paris de 1910, il fut décidé de réguler le débit de la Seine grâce à des retenues d’eau. De ce projet naquirent les lacs de Chaumeçon, de Saint-Agnan, du Crescent, ainsi que le gigantesque lac de Pannecière et son barrage hydro-électrique.

Les eaux du lac des Settons s’étendent dans une large vallée cernée par la forêt. Deux îles émergent de ses eaux et lui confèrent un profil d’oasis au cœur de la montagne. Aujourd’hui, un sentier pédestre permet de faire le tour du lac au plus près de l’eau. On y pratique également la pêche(*).
La beauté du site et les multiples activités font de ce lac un lieu de séjour très fréquenté en été.

Le lac des Settons est doté d’une base nautique où Il est possible de pratiquer un grand nombre d’activités nautiques : catamaran habitable, pédalo, baignade surveillée, ainsi que certaines activités nautiques motorisées.

Le lac de Saint-Agnan

Saint-Agnan (150 ha) situé à l’est du Crescent, qui constitue la plus récente des retenues du Morvan, est sans doute la moins connue. Profondeur maxi au barrage : 12 m - Peu de marnage. Niveau d’eau stable toute l’année.

Parmi les derniers-nés des réservoirs du Morvan, son barrage est construit en arène granitique (et non pas en béton), il est beaucoup moins spectaculaire que les autres barrages du Morvan et retient les eaux du Trinquelin (nom local du Cousin).
Ce lac de assure l’alimentation en eau de 28 communes.
Saint-Agnan est l’illustration de la nature accessible et apaisante : on peut s’y balader en famille, observer son environnement. Il est tout particulièrement prisé pour la pêche(*). Autres activités pratiquées : canoë, embarcations à pédales.

Les étangs : Baye, La Perchette et Vaux

Situés à une cinquantaine de kilomètres de Nevers, au centre du département, ces trois étangs de plaine, ont été crées à la fin du 18e siècle pour alimenter en eau le canal du Nivernais. Les étangs de Baye et Vaux sont connus aujourd’hui pour leur richesse écologique.

L’étang de Baye (74 ha)

Longé par le Canal du Nivernais avec lequel il communique par une écluse, il étend sa forme rectangulaire au milieu des prairies.

D’une profondeur uniforme de 3 à 4 mètres, ses fonds sont limoneux et l’on trouve peu de végétation aquatique. Son niveau reste stable durant toute l’année pour les besoins de la base nautique administrée par le Conseil départemental de la Nièvre.

Deux digues autorisées à la pêche le bordent sur sa partie Sud et Est. En été, les pêcheurs privilégient les "coups du matin et du soir" en dehors de l’activité touristique en pleine journée.

L’étang de la Perchette (16 ha)

D’une surface moindre, il faut noter la particularité d’un parcours de pêche aménagé pour les handicapés. Les carnassiers sont présents, mais l’intérêt majeur de la Perchette se trouve dans sa population de poissons blancs (nombreux gardons et carpeaux) qui permet de s’amuser en réalisant de jolies bourriches.

L’étang de Vaux (130 ha)

L’étang de Vaux, constitue une réserve ornithologique qui accueille des espèces végétales et animales remarquables.

C’est le plus grand mais aussi le plus sauvage et il est totalement interdit aux activités nautiques autres que la pêche (motorisation interdite).
Entouré de forêts, il n’est accessible du bord qu’en certains endroits. Sa partie ouest, jonchée de grandes roselières, est en revanche inaccessible sans bateau. Sa profondeur moyenne est de 3,5 mètres et la végétation aquatique est abondante, assurant une bonne reproduction des espèces présentes.

Autres curiosités à signaler

Accéder au site de l’Agence de développement touristique de la Nièvre (ADT 58)
Accéder au site d’Activital - sports et nature en Nièvre
Visiter le site de l’Etablissement public de coopération culturelle Bibracte-Mont Beuvray
Voir le site du Parc Naturel Régional du Morvan
Consulter le site régional en néerlandais
Amateurs de pêche : le site référence en Nièvre

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Les zones humides : le biotope au top !

Le département de la Nièvre est particulièrement riche de zones humides : tourbières, prairies humides, roselières, marais, etc.
Les zones humides sont des zones qui rendent de multiples services à l’Homme tels que la régulation des crues, l’épuration des eaux, le soutien d’étiage et la recharge des nappes. Elles sont également le lieu d’un réservoir de biodiversité extraordinaire. Cependant, ces zones tendent à disparaître. Le développement d’un territoire doit pouvoir se poursuivre en préservant ces zones à fort enjeux.

Définitions

Selon la loi sur l’eau de 1992, les zones humides sont des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire. La végétation, quand elle existe, est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année.

La loi sur le développement des territoires ruraux, dite loi DTR, du 23 février 2005, précise cette définition. Ainsi, d’après le décret n°2007-135 du 30 janvier 2007, les critères à retenir pour la définition des zones humides sont relatifs à la morphologie des sols liée à « la présence prolongée d’eau d’origine naturelle et à la présence éventuelle de plantes hygrophiles. En l’absence de végétation hygrophile, la morphologie des sols suffit à définir une zone humide ».
L’arrêté du 24 juin 2008, précise les critères de délimitation des zones humides, établit notamment une liste des plantes hygrophiles* caractéristiques des zones humides.
Les zones humides se présentent sous plusieurs formes. Une typologie des zones humides du département de la Nièvre est définie.

Les différents types de zones humides

Les prairies inondables

Sont des milieux en relation directe avec le cours d’eau. Elles sont immergées en périodes de crue et alimentées par la nappe du versant. Autour de la Loire, elles représentent de grandes prairies fauchées ou pâturées. Leur rôle est important pour l’expansion des crues (réduction de l’impact des inondations)

Les prairies humides


Sont des prairies gorgées d’eau une partie de l’année et alimentées par des eaux de ruissellement. Elles assurent un rôle d’éponge permettant de stocker les eaux de crue et de les restituer en période d’étiage.
Les tourbières : Sont des écosystèmes très originaux et fragiles. Elles sont caractérisées par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante pauvre en oxygène. La matière organique peu décomposée dans ces conditions asphyxiantes, forme la tourbe.

Les ripisylves

Constituent les formations boisées longeant les cours d’eau. Elles peuvent être de simples haies ou faire quelques mètres de large. Les fourrés alluviaux sont des écosystèmes forestiers naturels alimentés par la nappe alluviale et par les eaux de crues. Ces deux milieux sont très importants pour lutter contre les inondations et l’eutrophisation des eaux.

Les mares

Ce sont des plans d’eau de faible dimension et de faible profondeur. Elles sont alimentées par la pluie et les eaux de ruissellement. Le renouvellement des eaux des mares est lent (eaux stagnantes). Elles sont présentes dans divers milieux : prairies, champs cultivés, forêts, cours de ferme. Les plus fréquentes sont des mares abreuvoirs. Elles ne mesurent que quelques mètres carrés de surface et jusqu’à deux mètres de profondeur.
Malheureusement, elles sont de moins en moins utilisées et donc abandonnées. Elles représentent pourtant des habitats pour de nombreuses espèces animales et végétales à fortes valeurs patrimoniales.

Les zones marécageuses

Sont des régions basses, couvertes d’eaux stagnantes sur une faible épaisseur, avec une végétation et une faune particulières.

Les étangs

Sont des étendues d’eau douce stagnante, naturelle ou artificielle peu profonde.

Les services rendus par les zones humides sont nombreux

Soutien d’étiages, recharge des nappes

Lors des épisodes pluvieux et des crues, les zones humides se chargent en eau comme une éponge. La restitution de l’eau se fait plus lentement que la décrue, directement au cours d’eau ou dans la nappe alluviale, ce qui permet de ralentir l’apparition des débits d’étiages estivaux et de limiter les conséquences de la sécheresse.

Régulation des crues

Les zones humides, même celles de petite taille, absorbent une partie des eaux de pluie et limitent ainsi l’arrivée rapide de ces dernières à la rivière, comme des réservoirs, limitant ainsi l’amplitude de la crue. La majorité des zones humides de la vallée de la Loire, Allier, Nièvre,…sont des prairies humides situées de part et d’autre de ces cours d’eau. L’étalement des eaux en période de crue sur ces zones d’expansion retarde l’arrivée de la crue, et provoque un abaissement du niveau de la ligne d’eau à l’aval.

Filtration et épuration

Les eaux de pluie ruisselant du bassin versant, peuvent être chargées en nutriments d’origine agricole et domestique ainsi qu’en traces métalliques, hydrocarbures et produits phytosanitaires. Les zones humides vont jouer un rôle de filtre, la végétation fixe les polluants qui seront dégradés par différents processus biochimiques. La sédimentation des matières en suspension au niveau des zones humides permet en outre de fertiliser les sols et d’améliorer la production fourragère.

Source de biodiversité

Les zones humides sont des réservoirs de biodiversité : elles recouvrent seulement 3% du territoire métropolitain, et on y trouve 30 % des espèces végétales remarquables à forte valeur patrimoniale, et 50% des espèces d’oiseaux. Les zones humides sont très recherchées pour leur richesse floristique, faunistique et pour l’attrait du paysage, et représentent par ailleurs un important vecteur de développement touristique.

Un développement des territoires doit néanmoins se poursuivre - tout en préservant ces éléments du patrimoine en soulignant un fait : les zones humides, essentielles pour la ressource en eau et pour la protection des inondations, représentent aussi un intérêt économique.

Pourquoi protéger et comment ?

Deux tiers des zones humides ont disparu au cours du XXème siècle, soit trois fois la superficie de la Corse !
La liste des activités humaines en partie responsables de ce constat ne peut être exhaustive : la disparition d’une zone humide peut être liée à la création d’une voie de circulation, au changement de pratiques agricoles, à l’urbanisation, à l’amenée de remblais, à la dérivation d’un cours d’eau, etc.
Certains boisements (peupliers en bord de rivières, résineux dans des prairies humides), l’implantation d’étangs, des pompages excessifs, peuvent également avoir des conséquences irréversibles.
L’article L211-1 du code de l’environnement affirme le principe selon lequel la préservation et la gestion des zones humides sont d’intérêt général.
Le propriétaire d’une zone humide doit donc être vigilant sur ses pratiques afin d’en garantir son existence. Il existe différents moyens de protection :
communiquer sur l’importance de ces zones humides afin de sensibiliser pour protéger ces milieux, les intégrer dans les documents d’urbanisme, mettre en place des partenariats avec le monde agricole. La conservation de certains milieux est directement liée au maintien d’une activité agricole. C’est le cas notamment pour les prairies humides du Morvan, ainsi que pour les prairies inondables.

Mais souvent les revenus liés à l’élevage extensif ne sont pas suffisants, ce qui peut conduire à un abandon de certains espaces. Il convient de permettre la rémunération de l’agriculteur pour un service rendu à la société. Les mesures agri-environnementale (MAE) peuvent constituer un des outils adaptés.

Afin de mieux protéger les zones humides, le Conseil départemental de la Nièvre a réalisé un inventaire :
Il permet d’avoir aujourd’hui une pré-localisation des zones humides, utile notamment pour :

  • protéger la ressource eau,
  • favoriser la prise en compte des zones humides dans les documents d’urbanisme et appliquer des mesures de protection adaptées,
  • valoriser les richesses faunistiques et floristiques existantes,
  • informer les bureaux d’études et les maîtres d’ouvrages sur l’intérêt des zones humides.

Télécharger la plaquette de présentation des zones humides
Consulter la plaquette des zones humides de la Nièvre
Consulter et télécharger ici la synthèse documentaire préparée par les services du Conseil départemental

Ont collaboré à ce travail :

  • La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Bourgogne,
  • La Direction départementale des territoires de la Nièvre,
  • Le Parc naturel régional du Movan,
  • La Maison de l’environnement entre Loire et Allier,
  • La Société d’histoire naturelle et des amis du muséum d’Autun,
  • La Communauté de communes des Amognes (animation natura 2000).
  • Ce travail a été effectué par M. Nacer Harbi, dans le cadre d’un projet de fin d’étude Master 2 en zones humides et biodiversité.

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Découvrez la Nièvre avec l’agence de développement touristique de la Nièvre (ADT)

Les nappes d’eau souterraine

On qualifie d’eau souterraine l’eau présente dans le sous-sol, encore appelée eaux brutes car issues de leur milieu naturel. Elles se distinguent de celles des eaux traitées, qui elles sont prélevées et stockées avant usage. Ainsi, la qualité de l’eau souterraine aura un impact sur l’eau destinée à la consommation humaine dite « alimentation en eau potable". Dans la Nièvre, les nappes d’eau représentent des richesses exceptionnelles.

Les nappes d’eau : sous nos pieds un trésor insoupçonné !

Les éléments chimiques qui constituent la composition de l’eau souterraine peuvent être des minéraux, des molécules organiques, naturelles ou de synthèse ou bien même issues de l’activité de l’Homme…
Ces nappes sont directement liées aux caractéristiques géologiques des sols qui dictent leur comportement.

Plusieurs nappes dans la Nièvre


Dans le département, nous distinguons les nappes alluviales de la Loire et de l’Allier, les nappes des massifs anciens, la nappe des calcaires du Nivernais, la nappe du Bazois.

Ainsi, la Haute vallée de la Loire et l’entre Loire-Allier (Bourbonnais) se caractérisent par la prédominance de formations sableuses et argileuses du tertiaire. Les formations alluvionnaires plus récentes, constituées de sables et graviers dans lesquels s’intercalent de rares lentilles argileuses, occupent les lits majeurs de la Loire et de l’Allier.

Consulter et télécharger ici la synthèse documentaire préparée par les services du Conseil départemental
Connaître les eaux souterraines
Accéder à la banque nationale d’Accès aux Données sur les Eaux Souterraines (ADES)
Accéder au site "jeconomisel’eau.org"

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Les crues de Loire

La Loire est le plus long fleuve français et draine, avec ses affluents, un cinquième du territoire national. Sur les 1013 km de son parcours, elle traverse 6 régions et 11 départements. Souvent citée comme le " dernier fleuve sauvage de France ", elle constitue un patrimoine naturel et paysager exceptionnel au plan européen.

Le régime hydraulique de ce fleuve capricieux est particulièrement contrasté. La Loire peut ainsi présenter des étiages (périodes de basses eaux) très sévères (11 m3/s à Gien pendant l’été 1949), mais aussi des crues dévastatrices (7 500 m3/s à Gien en 1856 et 1866), dont les conséquences seraient aujourd’hui catastrophiques pour l’ensemble des Ligériens.

Crue de la Loire à Nevers

Où et comment s’informer ?

Le risque inondation constitue le premier risque naturel en France et concerne près d’une commune sur trois, soit cinq millions de personnes. En période de risque de crue, la montée des eaux est prévisible au moins 36 heures à l’avance, selon les précipitations et phénomènes constatés en amont d’Orléans.

Dans chaque Préfecture, une cellule peut être mobilisée pour réunir toutes les autorités et services concernés : le Centre opérationnel départemental (COD).
L’objectif du COD est de coordonner l’organisation des secours susceptibles d’intervenir en vue de protéger la population dans les communes de Decize et Nevers dans un premier temps, dans celles de Fourchambault, La Charité-sur-Loire, Pouilly-sur-Loire ou encore Cosne-sur-Loire dans un deuxième temps.

Outre la Préfecture et les collectivités locales, qui se partagent donc différentes responsabilités en termes de Sécurité civile et Sanitaire, deux acteurs principaux publient informations et prévisions jusqu’à 3 ou 4 jours :

1 - Météo France :
une carte de Vigilance météorologique accessible via internet
Météo France a mis en ligne sur internet une carte de Vigilance météorologique qui est accessible au public.
consulter la carte "Vigilance" Méteo-France

2 - La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de la région Centre (DREAL)
La DREAL Centre, publie quotidiennement un bulletin d’information sur les cotes et les débits de la Loire, relevées dans certaines stations de mesure situées entre Givry et Langeais.

Consulter la carte de la DREAL

... et aussi

Conseil départemental de la Nièvre

Le service de l’eau (SDE)

14 Bis Rue Jeanne d’Arc
58039 Nevers Cedex
Tel : 03 86 71 81 20

sde@nievre.fr

Le Service environnement du Conseil départemental de la Nièvre

3 rue du Sort
58000 Nevers

Tel : 03 86 60 58 79

La situation hydrologique de la Nièvre

Après les crues, pensons aux prochaines crues !

Les pluies intenses du début du mois de juin, les inondations pour certains, font désormais partie des « mauvais souvenirs »… Le retour à l’état d’avant la crue, appelé résilience, est parfois relativement rapide. Des projets de construction dans des zones inondables pourraient resurgir si quelques freins d’ordre réglementaire n’étaient pas en place.

La Nièvre ne compte pas moins de :

  • 5000 km de rivières et canaux
  • 2600 étangs
  • 450 sources exploitées d’eau potable

L’épisode de crue n’a que peu touché la Loire, mais nous ne sommes pas à l’abri d’une crue exceptionnelle de ce magnifique fleuve. L’établissement Public Loire a commémoré en 2016 le 150ème anniversaire de la crue de 1866. Le 27 septembre 1866, la Loire atteignait la cote de 6,38 m à l’échelle de Givry (face à Fourchambault), soit 1,48 m plus haut que lors de la crue de décembre 2003 qui nous a pourtant paru dévastatrice.

Consulter le rapport 2016 sur l’hydrologie de la Nièvre

Les nappes d’eau souterraines

La situation peut être observée sur chacune des ressources de la Nièvre. Le niveau est mesuré dans des puits ou des forages, qualifiés de « piézomètres ».

Consulter la Banque nationale d’accès aux données sur les eaux souterraines (ADES)

Les "petites" nappes du Morvan

Dans le Morvan, des sources naissent dans des fonds de vallons, appelés mouilles. La quantité d’eau captée dans l’arène granitique est très dépendante des conditions météorologiques.
Ainsi lorsque la pluie et la neige hivernales sont faibles, la « recharge » n’est pas correcte et une source peut se tarir en été. Aujourd’hui ces nappes qui alimentent des petits cours d’eau sont entièrement remplies, au regard de l’ampleur des précipitations de ce printemps 2016.

La nappe du Bazois

Étendue sur toute la partie centrale de la Nièvre, elle représente une ressource abondante.
C’est une nappe majoritairement captive. Elle est en grande partie recouverte par les argiles du Bazois et ainsi protégée des pollutions. Elle a toutefois le défaut de contenir du fluor, de l’arsenic et du plomb, éléments naturels liés à la minéralisation du « silicifié »,à des teneurs qui peuvent être excessives au regard de la réglementation.
Dans la Nièvre, deux piézomètres permettent d’observer le niveau de cette nappe, à Montaron, au sud et à Monceaux-le-Comte, plus au nord. Les niveaux ont atteint des records en juin.

Les nappes des calcaires du Nivernais

On distingue :

  • La nappe dite des « Calcaires et marnes du Dogger-Jurassique supérieur du Nivernais nord », qui s’étend entre La Charité sur Loire et Clamecy, qui dessert notamment les régions de Donzy et de Varzy.
  • La nappe dite des « Calcaires et marnes du Lias et Dogger du Nivernais sud » qui
    s’étend entre Prémery au nord et Nevers au sud, entre Pougues-les-Eaux à l’est et
    Saint-Benin-d’Azy à l’ouest.
  • La nappe des « calcaires, argiles et marnes du Trias et Lias du Bec d’Allier » située au sud de Nevers, entre Loire et Allier. Les niveaux de ces aquifères sont satisfaisant.

Les nappes des calcaires, faut-il le rappeler, représentent une richesse considérable. L’eau stockée, restituée par des sources, permet le maintien d’un débit dans les cours d’eau que sont notamment le Mazou, le Nohain, le Sauzay, la Nièvre, et la Colâtre, etc.

La nappe de l’Albien

Dite de « l’Albien-néocomien libre entre Loire et Yonne », est rencontrée dans le nord du département, en Puisaye. Cette nappe constitue une ressource exceptionnelle pour l’ensemble du « grand bassin Parisien ». Nous l’observons à Arquian en Puisaye. Son niveau est aujourd’hui très haut, alors qu’il était exceptionnellement bas en août 2015.

Les nappes alluviales

Les principales nappes alluviales constituent les ressources les plus utilisées dans le département de la Nièvre : 56 % de l’eau captée pour l’eau potable provient des nappes alluviales de la Loire et de l’Allier. Les niveaux sont directement tributaires de ceux des fleuves. Les crues contribuent à une réalimentation de ces nappes.

Crues de Loire, inondations, alertes, etc.. Pour mieux comprendre...

Consultez le site de la Préfecture de la Nièvre
Voir le Bulletin INF’EAU de la DREAL Bourgogne (03/2016) Situation sur les petits cours d’eau

... et aussi

Conseil départemental de la Nièvre

Service de l’eau
14 Bis Rue Jeanne d’Arc
58039 Nevers CEDEX
Tél : 03 86 71 81 20

sde@nievre.fr

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