Expo Mariage au Musée du Septennat

18 juin 2018
Expo Mariage au Musée du Septennat

du 22 juin au
31 décembre 2018

Contexte ethnologique du Mariage

Mariage, la mise en scène des femmes « Au XIXe siècle, le rite de passage à l’âge adulte le plus marquant était le mariage. Il constituait pour les femmes un enjeu bien plus fort que pour leurs maris. Lorsqu’il arrivait à la noce, l’homme avait déjà été initié et préparé pour sa position sociale. Même si la femme avait appris à cuisiner et à coudre, préparé son trousseau, l’essentiel restait pour elle à venir »*.

Autrefois, un mariage rural comprenait tout d’abord le cycle des transferts d’objets et de biens avec, notamment, le transport cérémoniel du linge et du mobilier offerts par les parents de l’épousée, vers la demeure du nouveau couple. Ensuite, vient la mise en scène d’un transfert de personne.



Tout mariage s’organisait d’ailleurs autour d’un cortège qui partait de chez la mariée et dont la progression pouvait être ralentie par l’introduction d’obstacles symboliques (rubans, chaises, ...) placés par la jeunesse du village ou par le voisinage.

Enfin, le jour du mariage était l’occasion d’une mise à l’épreuve de la personnalité des conjoints et surtout de l’épouse. De nombreux rites prenaient place lors de la bénédiction nuptiale et pendant toute la journée, en vue de savoir qui détiendrait l’autorité du ménage et d’éprouver et de favoriser les capacités domestiques et reproductives de la femme. C’est le mari qui effectuait l’initiation sexuelle de sa femme. De jeune fille à femme mariée, le changement d’état était instantané. La femme était au centre de la dramaturgie matrimoniale, étant objet, plutôt qu’actrice du mariage ; justifiant d’une certaine manière la surenchère textile de sa robe de mariée.

Aujourd’hui, le mariage n’est plus un passage pour l’individu, mais un passage pour le couple qui met en scène l’importance de son histoire. La cérémonie du mariage tire sa force de ce que rien ne l’oblige. Ainsi se créent les habits neufs d’un rite ancien où la forme supplante dans ce cas le fond. La robe de mariée participe toujours à l’image du grandiose d’une cérémonie qui s’affirme aussi comme une extraordinaire preuve d’amour entre deux personnes.

* Cette analyse reproduit partiellement les écrits de Michel Bozon, directeur de recherches à l’Institut National d’Études Démographiques et de Martine Segalen « Éloge du mariage ».

Un grand nombre d’accessoires surprenants à découvrir

Cette exposition du musée du Costume bénéficie du prêt exceptionnel de 4 pièces de la collection Gilles Labrosse dont trois robes de mariées signées par de grands couturiers : la maison Vignon et sa robe à crinoline de 1868. Une robe Jeanne Lanvin, 1940, en soie façonnée blanche à motifs d’étoiles et une rareté, avec le seul grand couturier français installé hors Paris, Jean Sully Dumas, Avignon, 1960, avec une exceptionnelle robe en taffetas de soie orné de broderies au lacet formant marguerite.
Assurément une très belle exposition sur deux siècles de collections comprenant un grand nombre d’accessoires surprenants.

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