La situation hydrologique dans la Nièvre

4 août 2020
La situation hydrologique dans la Nièvre

Le printemps et le début de l’été 2020 sont secs ; les quantités d’eau apportées par les pluies demeurent dans la Nièvre très inférieures aux moyennes et le niveau de nombreux cours d’eau est très bas.

En conséquence la Préfète de la Nièvre a signé un arrêté le 28 juillet 2020 qui classe la Nièvre en fonction des secteurs, soit en "crise", soit en "alerte renforcée", soit en "alerte", ou en "vigilance" au regard de la situation de manque d’eau.

La pluviométrie
Les pluies de l’automne et de l’hiver, très abondantes, ont permis de recharger les nappes souterraines qui étaient descendues à des niveaux très bas en 2019. Une période de déficit de précipitations a cependant succédé à cette période excédentaire : les pluies ont été faibles en mars et en avril. Cette situation s’est accompagnée d’épisodes de chaleur, ainsi l’indice d’humidité des sols est descendu à un niveau très bas.

Les mois de mai et juin se sont ensuite révélé "normaux". Le mois de juillet était plutôt sec. La pluie n’est jamais excessive, souvent sous forme d’orages avec des situations très disparates sur le territoire.
La situation des nappes d’eau souterraines

La situation des réserves en eau souterraine est disparate sur le département. Elle dépend de nombreux paramètres : structure de l’aquifère souterrain (lié à la géologie), conditions climatiques, pression sur la ressource, etc.

Elle est globalement satisfaisante sur la nappe souterraine dite "des calcaires du Nivernais", présente sur la partie centrale et l’ouest de la Nièvre.

La nappe du Bazois qui permet l’alimentation en eau des régions de Châtillon-en-Bazois, Tannay et Corbigny est aujourd’hui à un niveau bas - et ce niveau poursuivra sa descente jusqu’à la fin de l’été. Des risques ponctuels de manque d’eau ne sont pas exclus.

La situation est contrastée sur le Morvan. Des problématiques peuvent être rencontrées sur les secteurs qui ont peu bénéficié des précipitations liées aux orages en mai et juin.

Enfin les nappes alluviales qui permettent l’alimentation en eau de plus de 60 % de la population nivernaise sont directement dépendantes des débits des cours d’eau auxquels elles sont liées. La présence des barrages de Naussac sur l’Allier et de Villerest sur la Loire permet aujourd’hui de garantir un débit minimum, et, en conséquence, une hauteur d’eau dans les nappes alluviales d’accompagnement. Les risques de manque d’eau ne sont toutefois pas exclus ponctuellement sur certains puits.

La situation des cours d’eau
Le niveau des cours d’eau est donné en temps réel par le ministère de la transition écologique et solidaire.

Constat
La Loire et l’Allier qui ont connu le 16 juin un épisode de crue ont retrouvé une situation d’étiage. Les débits sont soutenus par les barrages pour garantir un minimum de 60 m3/s à Gien.
Les cours d’eau alimentés par des sources liées aux calcaires du Nivernais, à l’exemple du Nohain, du Mazou ou du Sauzay ont un débit qui demeure suffisant grâce au niveau des nappes.

La situation est plus critique ailleurs. Les phénomènes de chaleur et l’insuffisance de la pluie mettent certains cours d’eau à sec. Les rivières du sud du département souffrent particulièrement, à l’exemple de l’Acolin.

Mais nous pouvons citer également la Nièvre, le Beuvron, la Vrille, cours d’eau dont les débits sont aujourd’hui très bas.

Un arrêté préfectoral pour une restriction des usages de l’eau
Des restrictions d’usage s’appliquent par domaines : pour les usages domestiques, pour l’irrigation, pour les usages industriels, pour la navigation, pour la gestion des plans d’eau.

Le secteur classé en "crise" concerne 18 % du territoire, sur les bassins versants "Alène-Cressonne", "Acolin-Colâtre" et "Dragne". Le lavage des allées, des terrasses, des façades, le remplissage des piscines, l’arrosage des pelouses, massifs fleuris, des espaces sportifs, ..., sont interdits. L’arrosage des potagers est interdit sauf de 6 heures à 8 heures. L’irrigation est interdite, sauf quelques exceptions.

Le secteur classé en "alerte renforcée" concerne aujourd’hui 15 % du territoire nivernais. Les mêmes restrictions s’appliquent. L’arrosage des potagers est cependant autorisé de 20 heures à 7 heures. L’irrigation est réglementée avec un système de tours d’eau pour les grandes cultures.
Pour les cultures maraichères et horticoles les prélèvements sont interdits entre 10 h et 17 h.

Le secteur classé en "alerte" concerne 28 % du territoire nivernais. Le lavage des allées, des terrasses, des façades, le remplissage des piscines, l’arrosage des pelouses, massifs fleuris, des espaces sportifs, ..., sont interdits. Les arrosages des pelouses, potagers, massifs fleuris, etc., sont interdits entre 10 heures et 18 heures.

Sur le secteur en "vigilance", qui concerne aujourd’hui 39 % du territoire nivernais, chacun est convié à ne pas gaspiller l’eau.

Carte du niveau de restriction par zone de gestion hydrographique sur le département de la Nièvre

Lire arrêté sécheresse 28juillet (format pdf - 1.6 Mo - 28/07/2020)

Toutes les prescriptions sont rapportées dans l’arrêté préfectoral publié sur le site de la Préfecture de la Nièvre.

Faut-il s’inquiéter ?
La situation hydrologique a une conséquence
sur l’agriculture, sur la forêt,
sur les milieux naturels (milieux humides, zones de frayères, étangs, ...)
sur les possibilités de prélèvement, pour l’eau potable, l’irrigation, l’industrie, l’alimentation des canaux, ...

Nous sommes cependant dans un département où la ressource demeure abondante.

La situation de manque d’eau peut être supportée à condition d’être anticipée. Ainsi les utilisateurs de l’eau doivent-ils étudier des solutions pour pallier à des risques de manque d’eau qui seront croissants avec l’évolution du climat.

Liens ► http://www.hydro.eaufrance.fr/ - http://www.rdbrmc.com/hydroreel2/index.php - https://www.vigicrues.gouv.fr/

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