Alain Lassus s’exprime sur l’épidémie de coronavirus.

16 mars 2020
Alain Lassus s'exprime sur l'épidémie de coronavirus.

Alain Lassus, Président du Département de la Nièvre, s’exprime sur l’épidémie de coronavirus.

"Nous faisons face à l’inconnu et l’inconnu est peut-être un gouffre. Je crois que nous en savons plus et assez aujourd’hui pour prendre un maximum de décisions qui peuvent sembler excessives mais la situation justifie l’excessif.

La Nièvre, aujourd’hui, a plusieurs jours voire semaines de retard sur la propagation du virus. Mais il va arriver et je sais, nous savons, que l’offre hospitalière de la Nièvre n’est pas à la hauteur, et ce depuis plusieurs années. On a notamment fermé nos capacités en lit d’urgence de nos hôpitaux de proximité et le seul CHAN ne sera pas suffisant pour traiter tout le monde si demain l’épidémie devient dans la Nièvre ce qu’elle est aujourd’hui en Italie.

Plus qu’ailleurs et parce que nous avons un tout petit peu de temps, augmentons nos précautions de façon à reculer et étaler l’arrivée du coronavirus dans notre département.

Nous devons isoler les personnes âgées et fragiles en organisant leur séjour en établissement et chez eux et en leur permettant de ne plus être en contact avec le reste de la société.

Nous devons accepter d’annuler tous les rassemblements non strictement nécessaires et toutes les forces vives en responsabilité dans notre département doivent organiser le travail et les services en supprimant au maximum les contacts entre individus. Même si c’est très dur, il faut accepter l’idée de changer pour 2, 3 ou 4 mois nos relations sociales parce que la vie de nombreux Nivernais est en jeu.

Nous referons société et nous saurons le faire quant cette crise sanitaire sera dernière nous. Il faut absolument abandonner pendant quelques temps nos égoïsmes, au besoin notre qualité de vie pour l’intérêt général.

Je ne vais pas détailler ce que chacun doit faire, mais j’espère que mon message va faire réfléchir un maximum de Nivernais sur ce qu’il peut faire et même doit faire.

Après, quand cette crise sera passée, il sera temps de se poser des questions sur la façon dont nous vivons, sur la vraie nature du système dans lequel nous vivons, qui à la fin tue plus ou moins à petit feu notre planète en ne prenant pas en compte les problématiques écologiques et en même temps laisse s’installer une urgence sanitaire telle que celle que nous vivons. Il faudra savoir tirer des conclusions et la vie après ne devra plus être celle d’avant."

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